Rome: Le cardinal Hummes espère que l’Année du prêtre aura des répercussions
Et notamment sur la croissance des vocations
Propos recueillis à Rome par Laurène de Beaulaincourt, I.Media
Rome, 18 juin 2009 (Apic) Le cardinal Claudio Hummes, préfet de la Congrégation pour le clergé, espère que l’Année du prêtre voulue par Benoît XVI aura «une répercussion positive sur la croissance des vocations sacerdotales». Interrogé par I.Media à la veille de l’ouverture de l’année sacerdotale (19 juin 2009-11 juin 2010), le prélat a également souhaité que cette année spéciale donne «un nouvel esprit» et un «élan missionnaire» aux prêtres, et leur permettrait aussi d’approfondir le «sens du célibat».
Q.: Qu’attendez-vous de cette année sacerdotale ? Que peut-elle apporter aux prêtres et à l’Eglise ?
Cardinal Hummes: Les objectifs que nous espérons atteindre grâce à l’Année sacerdotale sont d’abord les suivants : l’Eglise renouvellera son appui et sa profonde appréciation des prêtres. Elle leur dira qu’elle les aime, qu’elle les admire et qu’elle reconnaît leur importance fondamentale et irremplaçable pour sa vie et sa mission dans le monde. Aux prêtres découragés, elle voudra donner un nouvel esprit et élan missionnaire. A ceux qui souffrent, aux malades, elle manifestera sa proximité. Pour ceux qui vivent dans des conditions matérielles de trop grande pauvreté, dans certains pays du monde, elle voudra éveiller l’attention des responsables pour que tous aient une condition de vie matérielle digne bien qu’austère, en faisant appel aussi à la solidarité de ceux qui vont bien, envers leurs collègues plus pauvres. Le deuxième objectif est d’approfondir l’identité du prêtre catholique et la théologie du sacerdoce, y compris le sens du célibat. Un autre objectif prioritaire est, sans doute, de promouvoir la spiritualité des prêtres. Le pape, lorsqu’il a annoncé l’Année sacerdotale, en mars dernier, a dit que cette année spéciale voulait «favoriser la tension des prêtres vers la perfection spirituelle dont dépend surtout l’efficacité de leur ministère». Enfin, on cherchera aussi à renouveler l’esprit et la réalisation missionnaire de tous les prêtres envers la société d’aujourd’hui, dans laquelle domine toujours davantage une culture, dite post-moderne, qui est urbaine, relativiste, sécularisée et laïciste. Nous espérons que tout cela aura aussi une répercussion positive sur la croissance des vocations sacerdotales.
Q.: Quelles sont les étapes fortes qui ponctueront cette Année du prêtre ?
Cardinal Hummes: Toutes les communautés ecclésiales locales, comme les Conférences des évêques, les diocèses, les paroisses et les autres communautés, sont invitées à réaliser un programme local de célébrations et d’initiatives qui favorisent la réalisation des objectifs de l’Année sacerdotale. Ensuite, il y aura les célébrations et les initiatives au niveau universel, à Rome. Parmi elles, je souligne l’ouverture de l’année le 19 juin, dans la basilique Saint-Pierre, avec la célébration solennelle des Vêpres, présidées par le Saint-Père et avec une homélie de sa part. Pour la conclusion de l’année, le 11 juin 2010, fête du Sacré-Coeur de Jésus, il y aura ici, à Rome, place Saint-Pierre, la Rencontre mondiale des prêtres avec le pape. Dans les jours proches de la clôture, nous espérons pouvoir offrir, avant tout pour les prêtres qui viendront à Rome, un congrès théologique international sur le sacerdoce ainsi que d’autres événements, célébrations, initiatives, comme des journées d’exercices spirituels, d’études spécialisées, de prière, de pèlerinages et ainsi de suite. Pendant l’année, d’autres initiatives devront être promues à Rome.
Q.: Il a été récemment question d’une lettre dans laquelle le pape accordait à la Congrégation pour le clergé un pouvoir pour faciliter, et rendre plus rapide, la réduction à l’état laïc de certains prêtres. Pouvez-vous expliquer cette décision ?
Cardinal Hummes: Oui, il est vrai que le pape a donné de nouvelles facultés à la Congrégation pour le clergé en ce sens. La ›salus animarum’, c’est-à-dire, le salut des âmes, est toujours le but de l’Eglise et aussi de sa législation. Cela vaut pour ces nouvelles facultés. Elles veulent favoriser le salut des âmes, aussi bien des prêtres qui ont abandonné le ministère sacerdotal et qui n’ont pas été encore dispensés des obligations sacerdotales, y compris celle du célibat, que de la communauté ecclésiale elle-même : peut-être souffre-t-elle d’éventuels scandales nés de telles situations.
Q.: Vous avez récemment affirmé que dans de «nombreuses situations», le Droit canon ne semblait pas «adéquat pour affronter de nouveaux problèmes». Est-il nécessaire de modifier le Code de droit canonique ?
Cardinal Hummes: Les nouvelles facultés concédées par le Saint-Père sont suffisantes pour la situation dont on a parlé, et bien sûr elles sont dans la ligne de l’actuel Code de droit canonique.



