Equateur: Initiative innovante pour le pétrole de l’Amazonie

Et si on laissait le pétrole là où il est?

Quito, 15 août 2010 (Apic) «Laisser le pétrole là où il est pour préserver un site de l’Amazonie riche en biodiversité, à la frontière du Pérou, et éviter des émissions de gaz à effet de serre nocives, et préserver les nouvelles générations» : telle est la portée de l’initiative Yasuní-Itt, officiellement lancée il y a quelques jours avec le soutien des Nations Unies et résumée en ces termes à Misna par père Claudio Zendròn, provincial de la congrégation combonienne en Équateur.

«Le projet était envisagé depuis plusieurs années déjà mais devait d’abord surmonter différents problèmes. À présent, une nouvelle commission du gouvernement et la ministre du Patrimoine culturel Fernanda Espinosa sont parvenues, du moins en théorie, à obtenir la promesse de plusieurs États de contribuer à compenser les pertes économiques que subira l’Équateur en renonçant à l’exploitation des gisements de pétrole d’Ishpingo, Tiputini et Tambococha», précise le missionnaire, contacté à Esmeraldas (Nord).

Cette initiative inédite, qui, selon les prévisions du gouvernement de l’Equateur, évitera l’émission de 407 millions de tonnes de dioxyde de carbone, prévoit que l’Équateur sera indemnisé de près de 3,5 milliards d’euros par la communauté internationale en échange de sa renonciation à extraire le pétrole desdits sites

Plusieurs pays, observe le père Zendròn, se sont déjà proposés : l’Allemagne, par exemple, a offert 100 millions environ sur 15 ans. Il ne s’agit pour l’instant que de promesses théoriques mais qui pourront être concrétisées maintenant que le gouvernement a signé un accord avec l’Onu pour instaurer un fonds qui sera financé par les contributions internationales.

Nombreuses sont toutefois les pressions exercées à l’encontre du projet, notamment de la part des commerçants de bois précieux. «L’objectif consiste à épargner une zone unique au monde pour sa biodiversité et qui pourrait être exploitée d’un point de vue touristique. La naissance officielle de l’initiative Yasuní-Itt est à n’en pas douter une victoire de l’État équatorien et l’on pourrait même espérer que d’autres pays commenceront eux aussi à raisonner autrement, avec une nouvelle mentalité visant à préserver l’environnement en faveur des futures générations», poursuit le missionnaire combonien dans son entretien à MIsna.

Cependant, un tel objectif s’est jusque là heurté à la destruction progressive des forêts primaires dans plusieurs parties du pays mais l’initiative prend actuellement une nouvelle ampleur et pourra se concrétiser grâce à l’aide de gouvernements mais aussi de simples associations, philanthropes ou compagnies privées. Rebeca Grynspan, administratrice associée du Programme des Nations Unies pour le Développement (Pnud), a largement salué le projet de l’Équateur, qu’elle a qualifié d’»innovant, audacieux et avant-gardiste».

Le Fonds qui servira à recueillir les contributions internationales sera administré par le Pnud qui délivrera aux contribuables un certificat de garantie sur le respect de l’accord et acheminera les financements à des projets de développement des énergies renouvelables, de reforestation et d’ordre social, scientifique et technologique. En cas d’échec, l’argent sera rendu aux donateurs. (apic/misna/pr)

15 août 2010 | 13:20
par webmaster@kath.ch
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