Train sans coeur

Et tout ceci est vrai

L’émotion était à son comble, presque insoutenable, dans ce maudit TGV qui s’approchait de la gare. En train qu’il était, en vieille machine de fer roulante et pleine de sales roues, de briser ce qui avait assurément dû, à voir le nombre de larmes couler, ressembler aux plus belles amours des colos de vacances jamais vécues. Pour cette jeunes fille, pleurant à chaudes larmes, hoquetant ses prières du «ne m’oublie pas», les bras manquaient pour l’étreinte finale. Le jeune homme allait descendre, lui. Sans doute bien trop déchiré à l’intérieur pour laisser percer son désarroi. Comme si un garçon, ça pouvait montrer des larmes. Il n’y a pas pire que les trains pour les aux revoirs. Mais il n’y a pas mieux non plus pour se débarrasser des amours. vouées à l’oubli. Car l’histoire ne s’arrête pas là. Comme si le train, en entremetteur, se faisait un devoir de narguer la gare, dans laquelle s’était à jamais engouffré notre adolescent. Sur la banquette, un autre jeune homme avait pris place, pour une autre gare. Le sourire enjoué et sa timidité toute rangée à la vue de notre belle ont fait le reste. Et jusqu’à sécher ses larmes. Sur un sourire retrouvé. (apic/pierre rottet)

19 août 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 1  min.
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