Provisions de bonheur

Et tout ceci est vrai.

Je ne sais pas si vous êtes comme moi: il y a des matins, entre le café et les dix heures, pour peu que le soleil s’y mette, la vie vous semble plus belle. On se surprend à sourire pour un rien, à regarder même les choses les plus insignifiantes. A être réceptif à des aspects du quotidien que notre tronche des mauvais jours empêche de voir, d’apprécier. Même les gens vous paraissent beaux. Tout cela, parce que dès les premières minutes de la matinée, un automobiliste pas pressé s’est mis en tête de vous laisser la priorité. Parce qu’une gamine haute comme trois pommes et belle comme la journée vous dédie son plus beau sourire, qu’elle accompagne d’un petit geste gracieux de la main. Afin de montrer qu’elle aussi est heureuse, d’avoir pu passer sans encombre sur le passage clouté. Ces matins là, j’en mettrais bien quelques-uns de coté. Comme autant de provisions. Pour les jours où je n’arrive pas à oublier des coins de terre, comme l’Afghanistan, l’Irak, la Palestine, le Liban, le Darfour. (apic/Pierre Rottet)

19 juillet 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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