On ne chinoise pas pour si peu
Et tout ceci est vrai.
A une table de la terrasse d’un restaurant chinois bercée par la brise de l’océan pacifique, quatre gosses ont pris place. Seuls, mais visiblement impressionnés par le décorum, et l’apparat des serveurs, nippés comme des rois. Trois gamines se laissent entraîner par les histoires d’un camarade, dont les pieds ne parviennent même pas à toucher le sol. Pas de quoi trop impressionner ses trois belles invitées, dont une, qui fête sa douzième année. Un âge qui se marque, et plutôt deux fois qu’une, à voir notre amphitryon s’enhardir pour passer commande de quelques mets, à l’évocation desquels le plus repu des hommes se sentirait tiraillé par une nouvelle faim. Que nos hôtes ont sans doute, à en croire le nombre de plats qui arrivent sur la table. Arrivent. et repartent presque aussitôt. Le temps pour le généreux téméraire de s’apercevoir qu’il avait de l’argent pour payer trois plats seulement, y compris le riz. Placide, notre serveur accepta avec le sourire de les reprendre en cuisine. Sans en faire un plat. Alors que tant d’autres auraient chinoisé. (Apic/Pierre Rottet)



