Et tout ceci est vrai.

Elle avait la démarche chaloupée, à donner du vague à l’âme à n’importe quel quidam qui l’aurait croisée en cette fin d’après-midi, annonciatrice de fin de semaine. La robe longue majestueusement portée, elle avait ce quelque chose qui attire immédiatement le regard, pour qui est attentif à ce qui sort de l’ordinaire. Or un sourire à reléguer la Joconde au tableau des laideurs, à n’en pas douter, sort de l’ordinaire. Surtout que ce rayonnement labial avait quelque chose de plus qu’une simple bonne humeur, d’une ride joyeuse dessinée sur les lèvres de notre passante. La déduction coulait de source, s’imposait d’elle-même. D’autant qu’elle n’était pas légion, en dehors d’une loterie gagnée ou d’une embauche inattendue, inespérée. Restait alors le coeur. La plus plausible et la plus romantique des interprétations: la dame était amoureuse. Ou venait de le découvrir. Il y a comme ça des sourires qui ne trompent pas. Et surtout pas le vieux grognon que j’étais depuis le matin. J’avais ma dose de couleurs pour le week-end. (apic/pierre rottet)

10 juin 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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