Chair à canon même après la mort.
Et tout ceci est vrai
Sous les yeux, ma carte de donneur d’organes de SwissTransplant. En cas de décès, mon corps pourra sauver des vies; ma religion encourage ce geste d’altruisme. J’aurais pu faire don de mon corps à la science, afin qu’il serve à une Faculté de médecine. Certes, si j’étais aux Etats-Unis, j’hésiterais tout de même: dans ce pays «bushien» où tout se transforme en marchandise, qu’adviendrait-il de mon enveloppe corporelle ? Peut-être le sort de ces sept corps donnés à l’Université de Tulane, en Louisiane. Ayant assez de matériel humain à disposition, cette vénérable institution a payé moins de 1’000 dollars pièce au «National Anatomical Service» pour qu’il les mette à disposition d’une autre Faculté. La firme new-yorkaise les a revendus à l’armée américaine pour près de 30’000 dollars. Ces corps ont fini réduits en pièces lors de tests avec des mines antipersonnel.C’est, selon un porte-parole de l’armée, une pratique «nécessaire et licite» qui dure depuis des années, notamment pour tester des équipements militaires de protection. L’Université a suspendu son contrat; les familles des défunts apprécieront. (apic/Jacques Berset)




