Crainte de devenir une charge pour l’entourage
Etats-Unis: 27 suicides assistés en Oregon en l’an 2000
Portland/Bonn, 27 février 2001 (APIC) 27 personnes ont choisi la méthode du suicide assisté pour mettre fin à leurs jours en Oregon en l’an 2000, signalent les responsables du Département de la Santé de cet Etat du Nord-Ouest des Etats-Unis. Selon le rapport de l’Oregon, de plus en plus de patients s’ôtent la vie par crainte de devenir une charge pour l’entourage.
L’Oregon est l’unique Etat nord-américain qui a légalisé le suicide assisté en 1994. 70 personnes ont déjà utilisé ce nouveau droit. L’an dernier, un projet de loi fédérale pour révoquer la permission de prescrire des drogues létales utilisées sciemment pour tuer les patients a été présenté au Sénat américain, mais pas encore voté.
Le sénateur Gordon Smith, qui appuie le projet d’interdiction au Sénat, a envoyé une lettre au président George W. Bush dans ce sens, pour éviter la mort délibérée d’autres personnes. Durant la campagne électorale, Bush, par ailleurs partisan déclaré de la peine de mort, s’est engagé à faire tout son possible pour convertir en loi ce projet de défense de la vie.
Du droit de mourir au devoir de mourir
Le rapport des autorités sanitaires de l’Oregon montre que toujours davantage de patients se suicident parce qu’ils se sentent devenir un poids pour leurs amis, leur famille, et ceux qui les soignent. Ce développement est un signal d’alarme, estiment les autorités. Les responsables catholiques avaient pourtant mis en garde, dès l’approbation en 1994 de la loi sur le suicide assisté en Oregon: le droit de mourir va immanquablement évoluer en un devoir de mourir!
Richard M. Doerflinger, vice-directeur pour la politique de développement du Secrétariat des activités en faveur de la vie (Pro-Life Activities) auprès de la Conférence des évêques catholiques des Etats-Unis, relève que le rapport officiel a montré que 63% des 27 personnes qui se sont suicidées l’an dernier en vertu de la loi de l’Oregon l’ont fait par crainte d’être une charge pour l’entourage.
«Certains patients et certaines familles comprennent trop bien le message profond de la loi de l’Oregon: les patients en stade terminal ont reçu ce ’droit’ spécial au suicide approuvé par l’Etat non pas parce qu’ils sont considérés comme spéciaux dans un quelconque sens positif, mais parce qu’ils sont considérés comme un poids particulier pour les autres’’, estime R. Doerflinger.
En Allemagne, l’assistance au suicide gagne des adeptes
En Allemagne, l’assistance au suicide gagne des adeptes: selon un sondage publié par la revue médicale «Apotheken Umschau», un Allemand sur deux aimerait permettre aux patients adultes de décider eux-mêmes s’ils veulent ou non une assistance au suicide. Plus de 40% des 2’500 personnes interrogées estiment que mourir dans la dignité est un droit de l’homme. Ainsi, au cas où une personne serait dans un coma irréversible, les membres de la famille devraient pouvoir, après discussion avec les médecins, demander de débrancher les machines. Près d’un tiers des sondés sont même partisans, dans des cas précis, de mesures d’euthanasie active. Mais quasiment la même proportion y sont fondamentalement opposés. (apic/cns/aci/kna/be)




