Etats-Unis: 300 évêques pour la fermeture de «l’Ecole des Amériques» à Fort Benning
L’épiscopat des États-Unis traîne les pieds
Washington, 17 novembre 2000 (APIC) Trois cents évêques du continent américain ont jusqu’ici signé la pétition du père Roy Bourgeois, missionnaire de Maryknoll, demandant la fermeture de «The US Army School of the Americas» (SOA) de Fort Benning (Géorgie). Le père Bourgeois a cependant critiqué la Conférence épiscopale des Etats-Unis, qualifiant de «scandale» l’absence d’une condamnation globale de la part de leurs évêques.
Le père Bourgeois est le promoteur d’une campagne qui entend obtenir du gouvernement américain le démantèlement définitif de «l’Ecole des Amériques» (SOA) centre qui, durant les années 60 et 80, a formé les chefs militaires sud-américains, responsables d’un nombre considérable de cas de violation des droits de l’homme.
L’an passé, une manifestation s’est déroulée devant le Pentagone, siège du ministère américain de la Défense, pour protester suite à de nouvelles révélations sur les liens entre l’entraînement donné à la «School of the Americas» (SOA) et la vague de tortures et d’assassinats qui ont notamment touché ces dernières décennies le Guatemala, la Colombie et le Chili.
L’Ecole des assassins
«L’Ecole des Amériques» est un Centre de formation spécialement conçu pour les militaires sud-américains. Ses détracteurs l’ont rebaptisée «Ecole des assassins». Dans ce centre ont été formés, grâce à des bourses d’études des Etats-Unis, la plupart des chefs militaires du Honduras, du Guatemala, du Salvador, d’Argentine et de Bolivie. Plusieurs responsables d’Eglise dans ces pays ont dénoncé les alliances des militaires avec les «escadrons de la mort» en vue de réprimer ou d’éliminer notamment les dirigeants paysans, les militants syndicaux et les animateurs des communautés chrétiennes de base.
Roy Bourgeois a dressé avec ses collègues une liste de plus de 300 anciens élèves de l’Ecole impliqués dans de graves violations des droits de l’homme. Parmi les victimes d’élèves de la SOA, le religieux américain cite notamment les noms de Mgr Romero et des six jésuites de l’Université Catholique de San Salvador.
Forte mobilisation jésuite
Les 18 et 19 novembre, des manifestants entreprendront des actions de protestation et de désobéissance civile devant les grilles de «l’Ecole des Amériques». En dix ans de protestations, 50 religieux, religieuses et militants des droits civils ont été arrêtés et jugés pour avoir violé le périmètre du complexe militaire. Roy Bourgeois lui-même a été arrêté à plusieurs reprises, et l’année dernière une religieuse a été condamnée à six mois de prison. Le mouvement a reçu le soutien des ordres et des instituts religieux tout au long des années.
Samedi et dimanche, à Fort Benning, 800 étudiants des 28 Collèges et Universités Jésuites des Etats-Unis, participeront à la manifestation. Le père. Charles Currie, président des Associations des Collèges et Universités Jésuites, a déclaré que «dans l’imaginaire du Nord et du Sud de l’Amérique, l’Ecole est synonyme de violations des droits de l’homme, et la meilleure solution serait de la fermer».
Roy Bourgeois a critiqué la Conférence épiscopale des Etats-Unis, qualifiant de «scandale» l’absence d’une condamnation globale, malgré les signatures de 150 de leurs évêques apposées sur la pétition qui en demande la fermeture. (apic/cip/vb)



