Mgr John McCormack fut un proche collaborateur du cardinal Law

Etats-Unis: Alors que la pression monte, l’évêque de Manchester ne veut pas démissionner

Manchester, 28 janvier 2003 (APIC) Alors que la pression monte dans son diocèse, Mgr John McCormack, évêque de Manchester, aux Etats-Unis, annonce qu’il ne veut pas démissionner. L’évêque va poursuivre son ministère et son travail en faveur des victimes d’abus sexuels commis par des prêtres, précise son porte-parole Patrick McGee. Dimanche, près de 200 manifestants rassemblés devant la cathédrale St-Joseph avaient réclamé son départ.

Les manifestants reprochent à l’évêque de Manchester, dans l’Etat du New Hampshire, d’avoir gardé le silence entre 1984 et 1994 sur le cas de prêtres pédophiles alors qu’il était proche collaborateur du cardinal Bernard Law, archevêque de Boston, qui a dû démissionner en décembre dernier.

Dimanche, appuyés par l’organisation «Coalition of Catholics and Survivors», ils ont défilé en portant des pancartes avec le portrait, le nom et l’âge d’enfants victimes d’abus sexuels. Après Boston, la ville du New Hampshire, avec 83 victimes alléguées, devient un nouveau foyer du scandale des abus sexuels qui secoue l’Eglise catholique aux Etats-Unis depuis une bonne année. Durant 30 minutes, au son triste de l’Adagio pour Cordes de Samuel Barber, les noms des victimes ont été récités par haut- parleurs, avant une marche silencieuse autour de la cathédrale et des discours accusant le prélat pour son silence.

Parmi les manifestants, on remarquait la présence du religieux dominicain Thomas Doyle, qui a reçu samedi dernier le Prix Isaac Hecker 2003 pour la justice sociale en raison de son engagement en faveur des victimes d’abus sexuels. Le prêtre dominicain a déclaré aux manifestants qu’ils ne devaient pas se laisser intimider par les avocats et les agences de relations publiques engagés à grands frais par l’Eglise pour organiser sa défense.

Le diocèse s’engage: surveillance du personnel renforcée

Le diocèse de Manchester s’engage à suivre une politique rigoureuse dans le traitement et la prévention des abus sexuels. Les recommandations publiées à l’attention de Mgr McCormack il y a une dizaine de jours par la «task force» diocésaine sur la politique en matière d’abus sexuels, insistent sur la prévention, la compassion et le respect pour ceux qui allèguent des abus, et le droit à un juste procès et au respect de leurs droits pour les accusés.

La «task force» demande au diocèse de développer encore davantage la surveillance et le dépistage concernant le personnel de l’Eglise, la formation continue et les cours sur la problématique des abus sexuels. L’organisme diocésain propose encore l’établissement d’une banque de données centralisée confidentielle contenant certaines informations sur le personnel de l’Eglise, dont leur identité, leurs fonctions, leurs états de service, leur niveau de formation, les résultats des contrôles, et la mention de toute plainte, accusation, ou découverte d’abus sexuels ou d’exploitation.

«Nous avons travaillé très dur pour développer ces recommandations dont nous pensons qu’elles seront un nouveau pas significatif pour assurer un environnement sain pour tout le monde dans notre Eglise», a déclaré Donna Sytek, présidente de la «task force» diocésaine. L’évêque de Manchester a salué le travail de son organisme diocésain et un groupe de rédaction va utiliser ses recommandations pour élaborer les nouvelles directives diocésaines en la matière. Avant leur mise en vigueur, elles seront encore soumises à des spécialistes de droit canon et de théologie, pour voir si elles sont compatibles avec la tradition et le droit de l’Eglise, ainsi qu’aux autorités civiles concernées. (apic/kna/diocese/be)

28 janvier 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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