Droits des détenus en vertu des lois antiterrorists bafoués
Etats-Unis: Amnesty International demande l’accès à la base de Guantanamo
Londres, 23 janvier 2002 (APIC) Alors que le traitement réservé aux prisonniers de la base de Guantanamo Bay à Cuba suscite une inquiétude croissante, Amnesty International a écrit aux autorités américaines pour demander l’accès au camp de détention. L’organisation se dit également très préoccupée quant au sort des «milliers de personnes retenues captives en Afghanistan ainsi qu’aux centaines d’individus détenus en vertu de lois antiterroristes dans des pays comme les Etats-Unis et le Royaume-Uni, dont les droits élémentaires sont également bafoués».
«Il est essentiel que les prisonniers incarcérés sur la base de Guantanamo Bay à Cuba soient autorisés à entrer en contact avec des avocats et des observateurs chargés de veiller au respect des droits humains, afin que leurs droits soient pleinement respectés», lance Amnesty International dans un communiqué diffusé le 23 janvier.
Se fondant sur l’expérience accumulée et les recherches effectuée depuis des décennies sur le traitement réservé aux prisonniers et les techniques utilisées pour leur extorquer des informations, Amnesty International souligne que le secret même qui entoure ces détenus était l’élément le plus alarmant de la situation actuelle. «Maintenir un prisonnier en détention au secret, le priver de l’usage de ses sens, utiliser contre lui des instruments de contrainte sans raison valable et l’humilier (en le rasant dans le cas présent) sont autant de méthodes classiques employées pour «briser» le moral d’un individu avant de l’interroger», dénonce AI.
L’organisation a rappelé aux autorités américaines que toutes les personnes privées de leur liberté, notamment les personnes protégées par les Conventions de Genève et les autres normes internationales relatives au droit humanitaire, jouissent de certains droits fondamentaux, en particulier du droit d’être jugées équitablement quel que puisse être l’infraction qui leur est imputée. «Priver des prisonniers des droits qui leur sont internationalement reconnus notamment du droit à un procès équitable peut constituer un crime de guerre aux termes des Conventions de Genève et d’autres normes internationales», affirme l’organisation de défense des droits de l’homme dans son communiqué. (apic/com/bb)




