La peine de mort aujourd’hui est totalement injustifiée

Etats-Unis: Déclaration de l’ambassadeur du pape à l’ONU

New York, 5 novembre 1999 (APIC) La société moderne a des moyens pour se protéger sans priver irrémédiablement les criminels de la possibilité de se racheter. C’est ce que l’Observateur permanent du Saint-Siège aux Nations Unies, l’archevêque Renato Martino, a déclaré au cours de son intervention sur l’abolition de la peine de mort dans le cadre du IIIe Comité de l’Assemblée Générale de l’ONU, à New York. Mgr Martino a rappelé ce que Jean-Paul II avait dit à Saint Louis, aux Etats-Unis, en février dernier, à savoir que «la peine de mort est cruelle et inutile».

Après avoir rappelé que le pape a demandé à plusieurs reprises un moratoire de la peine de mort, notamment à l’occasion du Jubilé, Mgr Martino a dénoncé le fait que trop souvent les condamnés à mort sont pauvres et appartiennent à des minorités ethniques, que beaucoup d’entre eux sont jeunes ou même handicapés mentaux.

L’archevêque a déclaré qu’il n’existe pas de preuves de l’efficacité de la peine capitale en ce qui concerne la prévention des délits les plus graves. Le Vatican estime par conséquent que si l’on veut combattre la criminalité de manière efficace, il faut insister sur l’éducation morale et aller aux racines mêmes de la délinquance. Le châtiment doit certes être proportionnel au délit mais il faut aussi chercher à rééduquer le délinquant et si possible à le réinsérer dans la société.

«A la fin d’un siècle qui a été témoin d’atrocités inimaginables contre la dignité de la personne humaine et contre ses droits inviolables, prendre sérieusement en considération l’abolition de la peine de mort serait un signe important d’humanité», a déclaré Mgr Martino.

Le représentant du Saint-Siège a toutefois expliqué que la suppression de la peine de mort n’est qu’un pas vers un respect plus profond de la vie humaine. Si des millions d’enfants à naître sont supprimés avant même de voir le jour et que la famille des nations tolèrent ces délits sans aucun remords de conscience, l’argument de la peine de mort perdra tout crédibilité. «La vie humaine exige protection et respect à tout moment et dans toutes les parties du monde», a-t-il déclaré.

«Restreindre et supprimer la peine de mort exige d’avoir le courage de dire `non’ à tout type d’assassinat et la générosité d’offrir aux coupables y compris aux coupables des crimes les plus odieux, la possibilité de vivre une vie nouvelle, fondée sur le pardon. C’est ainsi que l’on pourra construire une humanité meilleure», a-t-il déclaré. (apic/zn/tg)

5 novembre 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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