Risques de dérapages dans un climat de chasse aux sorcières
Etats-Unis: Des cas de pédophilies dans d’autres diocèses américains
New York, 28 février 2002 (APIC) Après les cas de pédophilie qui agitent le diocèse de Boston, une des communautés catholiques les plus influentes des Etats-Unis, d’autres diocèses américains brisent une loi du silence qui a longtemps prévalu. D’après le magazine «Newsweek», qui en fait la une de sa dernière édition sous le titre «Sexe, honte et Eglise catholique», d’autres cas de pédophilie impliquant des prêtres ont été découverts dans les Etats du Maryland, de New York, de Californie, de l’Iowa et de l’Illinois.
Face à un risque très réel d’avalanches de plaintes – qui risquent de coûter aux diocèses des dizaines voire des centaines de millions de dollars de dommages et intérêts – Harvey Silvergate, un défenseur des droits civiques du Massachusetts met en garde contre les risques de dérapages «dans un climat de chasse aux sorcières».
Ainsi, déclare-t-il à l’hebdomadaire américain, dans ce climat malsain, tout suspect est d’emblée déclaré coupable. Depuis l’éclatement de ces scandales à répétition, de nombreux prêtres n’osent plus sortir dans la rue en col romain. De hauts responsables de l’Eglise craignent que cette situation se répercute négativement sur les candidats à la prêtrise, dont nombre est déjà en recul.
Entre 300 et 800 millions de dommages et intérêts payés par l’Eglise en 20 ans
Les coûts financiers des plaintes pour abus sexuels, qui sont dans la plupart des cas traités en dehors des tribunaux, sont extrêmement élevés. Selon «Newsweek», qui cite l’organisation d’aide aux victimes «Linkup» à Chicago, l’Eglise catholique aurait payé ces 20 dernières années des indemnités pour un montant avoisinant les 800 millions de dollars. Un porte- parole de la Conférence des évêques catholiques des Etats-Unis ramène cette somme colossale à 300 millions de dollars.
L’archevêque de Boston, le cardinal Bernard F. Law, dont l’archidiocèse doit encore faire face à des plaintes pour un montant de plus de 50 millions de dollars, songe à vendre des biens immobiliers appartenant à l’archevêché, écrit «Newsweek». Il a assuré que pas un centime de dons des fidèles ou de collectes spéciales n’est destiné à dédommager les victimes.
Philadelphie: tolérance zéro pour les abus sexuels
Contrairement à Boston, où l’on s’est montré peu vigilant à l’égard du Père John Geoghan, condamné la semaine dernière à une peine de 9 à 10 ans de prison, l’archidiocèse de Philadelphie annonce une «tolérance zéro» pour les abus sexuels. Accusé d’avoir abusé sexuellement près de 130 victimes, le prêtre de Boston, aujourd’hui défroqué, a été déplacé de paroisse en paroisse durant 30 ans, alors que ses actes avaient déjà été dénoncés et que ses tendances étaient connues.
A Philadelphie, le cardinal Anthony J. Bevilacqua, , a qualifié les abus sexuels de mineurs par des prêtres «d’aberrations morales parmi les plus dépravées». Présentant mardi 26 février ses excuses aux victimes, il a assuré qu’il n’y aurait aucune tolérance de tels abus dans son archidiocèse.
Qualifiant ces actes répréhensibles de grave trahison de la confiance mise par les fidèles dans les membres du clergé, il a expliqué qu’aucun prêtre impliqué dans un cas d’abus de mineur, qu’il soit ou non diagnostiqué médicalement comme pédophile, ne pourra plus avoir d’affectation dans l’archidiocèse de Philadelphie. (apic/kna/cns/be)



