Etats-Unis: Des dirigeants d’Eglises se félicitent de l’heureuse issue de «l’affaire Elian»
Un fils remis à son père «loin de l’atmosphère de cirque de Miami»
New York, le 25 avril 2000 (APIC) Plusieurs dirigeants d’Eglises aux Etats-Unis se déclarent satisfaits que le petit Elian ait été remis à son père, le Cubain Juan Miguel Gonzalez. Certains critiquent cependant le recours à la force pour arracher l’enfant à sa famille de Miami.
Robert Edgar, secrétaire général du Conseil national des Eglises des Etats-Unis (NCC), a déploré que «l’on ait du en arriver là», en faisant référence à l’intervention policière dans la maison des parents de Miami où se trouvait le petit Elian. Une photo montrant un agent fédéral, l’arme au poing en face de l’enfant, n’a fait qu’alimenter encore plus la longue controverse sur son avenir.
Robert Edgar a précisé toutefois qu’il était heureux que l’enfant ait été finalement remis à la garde de son père loin de ce qu’il qualifie «d’atmosphère de cirque de Miami». J’espère qu’ils pourront former de nouveau une famille, a-t-il dit, en évoquant la réunion intervenue durant le week-end de Pâques entre Elian et son père. «Il est temps que Juan Miguel et Elian soient enfin seuls. J’espère que l’enfant pourra se remettre de la mort de sa mère».
Elian est l’unique rescapé d’un naufrage survenu en novembre dernier lors duquel sa mère (divorcée du père d’Elian) et d’autres Cubains, cherchant à rejoindre les Etats-Unis, avaient trouvé la mort. Depuis lors, le petit garçon de six ans était au centre d’une bataille acharnée provoquée par sa famille de Miami qui estime que sa vie serait bien meilleure aux Etats-Unis que dans un pays communiste.
Mais le gouvernement fédéral a tranché et a décidé que, conformément aux lois régissant l’immigration, Elian devait être rendu à son père. Joan Brown Campbell, qui a précédé Robert Edgar au poste de secrétaire général du Conseil national des Eglises, et qui a conseillé non officiellement Juan Miguel Gonzalez, a passé deux heures avec la famille Gonzalez après son arrivée sur une base aérienne non loin de Washington DC.
«C’est un petit garçon normal, très content et heureux, espiègle, et je n’arrive pas à comprendre pourquoi la famille de Miami et le reste de l’Amérique ne se réjouissent pas que cette réunion se passe bien. Il n’est pas nécessaire que ce petit garçon soit en pleurs et triste. C’est une chose merveilleuse de le voir souriant.»
L’intervention – ordonnée par la ministre de la Justice, Janet Reno, et soutenue par le président Bill Clinton – a mis en rage la communauté américano-cubaine de Miami et irrité certains Républicains au Congrès des Etats-Unis, qui ont protesté contre l’usage excessif de la force.
Les sondages indiquent que les Américains sont divisés sur la nécessité d’une telle intervention mais approuvent à une écrasante majorité la réunion d’Elian et de son père. Pour Robert Edgar, les autorités fédérales se sont montrées trop patientes. La famille de Miami, a-t-il ajouté, «a donné des messages confus et changé d’avis durant les négociations avec le ministère de la Justice et les services de l’immigration (INS)». (apic/eni/ch/ba)



