Ils veulent que la Conférence épiscopale US prenne position

Etats-Unis: Des prêtres du Minnesota demandent une discussion sur le célibat optionnel

St. Cloud/Minnesota, 6 novembre 2003 (Apic) Suivant l’exemple d’autres confrères, 17 prêtres du diocèse de New Ulm, dans l’Etat américain du Minnesota, interpellent la Conférence des évêques catholiques des Etats- Unis (USCCB) sur le célibat obligatoire. Dans une lettre à Mgr Wilton D. Gregory, président de l’USCCB, ils proposent qu’une discussion sur le célibat optionnel soit menée lors de l’assemblée d’automne de l’épiscopat américain.

Les pétitionnaires demandent au président de la Conférence épiscopale de discuter dans ce sens avec ses confrères lors de l’assemblée d’automne des évêques qui aura lieu à Washington du 10 au 13 novembre prochain. L’évêque de New Ulm, Mgr John Clayton Nienstedt, a d’ores et déjà fait montre de ses réticences. Pour lui, le célibat librement choisi aboutirait à décourager les vocations sacerdotales, rapporte mercredi à l’agence de presse catholique américaine CNS. «Le cadeau du célibat et son témoignage sont plus nécessaires que jamais», a-t-il déclaré.

Les 17 prêtres du diocèse de New Ulm, dont 7 sont à la retraite, représentent le 22% du clergé diocésain, précise le Père Kenneth Irrgang, un prêtre retraité vivant à St. Cloud, dans une lettre accompagnant le courrier envoyé à la Conférence épiscopale.

En août dernier, 163 prêtres du diocèse de Milwaukee avaient adressé une lettre à Mgr Wilton D. Gregory, évêque de Belleville et président de l’USCCB, demandant que la règle du célibat soit révisée afin d’admettre des hommes mariés dans les rangs des prêtres diocésains. Des 442 prêtres diocésains, actifs et à la retraite, qui ont reçu copie de la lettre, 28% l’ont signée. Certains observateurs estiment que ce taux aurait pu être bien plus élevé s’il y avait eu confidentialité des résultats. Soulignant la «bénédiction» que représente le célibat consacré, les signataires relèvent cependant que toujours moins de prêtres doivent s’occuper de toujours davantage de paroisses. Ils s’inquiètent que de plus en plus de fidèles n’ont plus d’eucharistie dominicale faute de prêtres.

Le président de la Conférence des évêques américains contre le libre choix

Répondant à cette pétition en faveur de la possibilité de se marier pour les membres du clergé diocésain, le président de la Conférence des évêques catholiques des Etats-Unis s’était alors clairement prononcé contre le libre choix du célibat. Suite à cet avertissement, il a reçu l’appui d’autres prêtres qui pétitionnent au contraire en faveur du célibat obligatoire.

Le mois dernier, 90 prêtres du diocèse d’Arlington, en Virginie, ont en effet signé une lettre dans laquelle ils s’opposent explicitement aux demandes de leurs confrères du diocèse de Milwaukee. Ils estiment qu’alléger les exigences pour l’accès au sacerdoce ne favorisera en rien une augmentation des vocations. «Dans les temps de crises, la sagesse et l’instinct de l’Eglise ont toujours été de répondre avec de plus grands sacrifices», écrivent les signataires.

Fossé entre les générations de prêtres: les vieux plus ouverts au changement

L’an dernier, le quotidien «The Washington Post» montrait que selon une enquête, seul un tiers des prêtres âgés de 25 à 35 ans étaient favorables au célibat optionnel et à la possibilité d’un clergé marié, alors que plus du 70% des prêtres entre 56 et 65 ans approuvaient cette idée. Près de 70% de la «génération Vatican II» souhaitaient le retour de leurs anciens confrères qui ont quitté le sacerdoce, qu’ils soient mariés ou restés célibataires, alors qu’un quart seulement des jeunes formulaient le même souhait.

Le sociologue réputé Dean Hoge, de l’Université catholique d’Amérique à Washington, auteur de ces statistiques, explique que la rupture entre les générations est provoquée par le besoin des jeunes de se définir comme prêtre du point de vue du ministère sacramentel. D’où la volonté de se distinguer des laïcs avec insistance: port du col romain et exaltation du célibat. (apic/wp/cns/be)

6 novembre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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