Etats-Unis: Jeunes Irlandaises exploitées, les Soeurs de la Charité demandent pardon

«Nous ne sommes pas fières»

Washington, 18 août 2003 (Apic) La branche américaine des Soeurs de la Charité (Sisters of Mercy) a demandé pardon pour les membres de leur ordre qui, en Irlande durant le XXe siècle, ont exploité des jeunes filles dans leurs blanchisseries.

Les conditions de vie de ces jeunes filles, dévoilées au grand public par le film de Peter Mullan «The Magdalene sisters», étaient particulièrement rudes. Elles représentent «un moment de l’histoire de l’Eglise et des ordres religieux dont nous ne sommes pas fières», ont déclaré les religieuses, basées à Silver Spring, dans les faubourgs de Washington.

Des milliers de femmes rejetées par leur famille et livrées à l’Eglise ont rempli les rangs de ces lavandières. Déclarées «filles perdues», issue de milieux pauvres, ces filles étaient généralement des orphelines, des victimes de viol, et parfois des filles-mères.

Les «Magdalene homes» ont été créés en Irlande au XIXe siècle. Ces foyers doivent leur nom à Marie-Madeleine, une pécheresse devenue sainte après s’être repentie aux pieds de Jésus, en le lavant avec du parfum.

Près d’un siècle d’exploitation

Au début du XXe siècle, ces institutions sont reprises par l’Eglise et placées sous la direction des Soeurs de la Charité, qui les ont menées d’une main de fer. Elles sont alors transformées en blanchisseries. Les jeunes filles y travaillent sans rémunération dix heures par jour, sept jours sur sept. Elles étaient coupées du reste du monde.

Ces institutions sont maintenues jusque dans les années 70. Il faudra cependant attendre 1996 pour que le dernier de ces établissements soit fermé. (apic/cns/allocine/sh)

18 août 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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