La pression monte pour demander le départ du cardinal Law
Etats-Unis: L’abbé Paul Shanley, un prêtre accusé de viols sur mineurs, a été arrêté
San Diego/Boston, 3 mai 2002 (APIC) Après l’arrestation jeudi à San Diego, en Californie, de l’abbé Paul Shanley, la pression monte pour demander le départ du cardinal Bernard Francis Law. L’archevêque de Boston est accusé de ne pas avoir agi correctement avec le prêtre pervers, qui a été transféré de paroisse en paroisse quand l’Eglise a eu vent des allégations d’abus sexuels contre lui. Paul Shanley, un prêtre à la retraite de 71 ans, est accusé de viols sur mineurs.
L’archevêché de Boston a rendu public le mois dernier des documents internes montrant que le Père Shanley avait plaidé en faveur des relations sexuelles entre hommes et garçons et que ses supérieurs étaient au courant depuis des années des nombreuses allégations d’abus sexuels contre le prêtre. Selon la justice du Massachusetts qui instruit le cas, les abus se déroulaient presque toutes les semaines.
Un homme, aujourd’hui âgé de 24 ans, a accusé le prédateur pervers, qui venait chercher les enfants en classe, de l’avoir violé notamment dans un confessionnal, à la sacristie ou aux toilettes. D’après Martha Coakley, procureur de la région de Boston, les agressions contre Greg Ford ont commencé lorsque que le petit garçon, âgé alors de 6 ans, était enfant de choeur à la paroisse St-Jean de Newton.
Le Père Shanley, ordonné prêtre en 1960, a développé en 1970 son ministère en direction des jeunes en perdition. Ce «prêtre de la rue» roulant à moto, sportif, populaire et contestataire, était basé dans la paroisse de St-Philips, à Roxbury, dans l’Etat du Massachusetts. Il militait pour les minorités marginalisées. Malgré le fait que les accusations contre Shanley s’étaient accumulées et que le prêtre s’était fait l’avocat en 1979 des relations sexuelles entre hommes et petits garçons lors d’une réunion de l’association «Man Boy Love association», l’Eglise n’avait rien fait pour le dénoncer à la justice, déplorent des associations de victimes.
Un sondage révélateur de l’état de l’opinion américaine
Conséquence de ce scandale qui secoue l’archidiocèse de Boston, les derniers sondages d’opinion montrent que l’Eglise catholique aux Etats-Unis n’est pas encore parvenue à restaurer son image dans le public et auprès de nombreux fidèles. Selon un sondage CNN/USA Today/Gallup, les catholiques américains réclament de leurs évêques qu’ils suspendent du sacerdoce le prêtre fautif dès le premier abus sexuel prouvé.
Ils estiment que le pape doit déplacer le cardinal Bernard Francis Law et le remplacer à la tête de l’archevêché de Boston. Ils pensent qu’il doit en être de même avec tout évêque ou cardinal qui connaissait des cas d’abus sexuels commis par des prêtres et qui les ont simplement déplacés au lieu de les dénoncer aux autorités. Le sondage a été effectué auprès de 1’002 adultes, dont 212 catholiques.
Catholiques américains sévères avec les abuseurs, Jean Paul II toujours populaire
73% des sondés – dont 70% des catholiques – estiment dans le sondage que l’Eglise catholique n’a pas bien fait son travail en ce qui concerne les prêtres accusés d’abus sexuels. 68% estiment que le pape doit remplacer le cardinal Law à la tête de l’archidiocèse de Boston. 86% des catholiques américains sondés sont d’avis que le pape doit déplacer un évêque ou un cardinal qui aurait failli à son devoir de dénoncer un prêtre ayant abusé d’un mineur et l’aurait simplement changé d’affectation.
79% des catholiques estiment qu’un prêtre doit être relevé de son ministère s’il a commis des abus sexuels répétés contre des mineurs, tandis que 66% sont en faveur d’une telle mesure en cas de premier abus. Les Américains (61%) et les catholiques en particulier (78%) gardent cependant une bonne opinion du pape Jean Paul II.
Journée nationale de pénitence
Le cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation romaine pour la doctrine de la foi, a suggéré à l’Eglise américaine de demander pardon pour les abus sexuels des prêtres le 7 juin prochain, lors de la fête du Sacré-Coeur. Mais à Washington, Mgr William P. Fay, secrétaire général de la Conférence des évêques catholiques des Etats-Unis a déclaré que la date ne convenait pas, parce que les évêques choisiront le jour de pénitence lors de leur assemblée plénière de printemps qui se tiendra à Dallas du 13 au 15 juin. Pour le cardinal Ratzinger, le coeur ouvert de Jésus symbolise la miséricorde divine face aux manquements humains qui devrait être au centre d’une telle journée de pénitence. (apic/cns/cnn/be)




