Mais il ne va pas obliger ses prêtres à la lui refuser
Etats-Unis: L’archevêque de Kansas City veut interdire la communion à la gouverneur
Kansas City, 29 mai 2008 (Apic) Mgr Joseph F. Naumann, archevêque de Kansas City, veut toujours interdire la communion à la gouverneur démocrate du Kansas, Kathleen Sebelius, mais il nuance un peu: il ne va pas imposer à ses prêtres et auxiliaires de communion de lui refuser l’eucharistie si elle se présentait à la communion. Il a nuancé sa position suite aux réactions provoquées par sa prise de position du 9 mai dans le journal officiel de son archidiocèse, «The Leaven» (Le Levain).
De confession catholique, Kathleen Sebelius, gouverneur de cet Etat américain depuis 2003, doit être sanctionnée par l’Eglise parce qu’elle a voté en faveur de l’avortement, précise l’archevêque américain. Qui l’a sommée de répudier publiquement son soutien à la pratique de l’interruption volontaire de grossesse et de faire encore une «confession sacramentelle valable» à ce propos. La gouverneur affirme être personnellement opposée à l’avortement, mais elle soutient la loi protégeant le droit d’autres personnes à faire le choix d’un avortement.
Estimant avoir fait tous les efforts requis pour informer et persuader la gouverneur Kathleen Sebelius, et après avoir consulté Mgr Ron Gilmore, évêque de Dodge City, Mgr Paul Coakley, évêque de Salina, et Mgr Michael Jackels, évêque de Wichita, dans le Kansas, Mgr Naumann lui a demandé de ne plus se présenter pour recevoir la communion. Et ce jusqu’à ce qu’elle ait reconnu que ses positions antérieures sur l’avortement sont erronées et qu’elle fasse une confession sacramentelle valable.
Kathleen Sebelius est en faveur de l’avortement
L’archevêque demande également à cette mère de deux enfants de faire les pas nécessaires pour amender sa vie, ce qui inclut une répudiation publique de ses positions et actions pour soutenir les lois et les politiques légalisant l’avortement. L’archevêque a publié cette injonction dans l’édition du 9 mai du journal officiel de son archidiocèse, «The Leaven» (Le Levain). Mgr Naumann a pris la décision de rendre publique cette mise en garde contre la gouverneur après avoir appris que Kathleen Sebelius avait récemment communié dans une paroisse du Kansas. Il lui avait envoyé une lettre en août dernier pour lui demander de ne plus recevoir la communion en raison de ses actions en faveur de l’avortement.
Dans la dernière édition du journal diocésain «The Leaven», qui porte la date du 23 mai, Mgr Naumann affirme qu’il n’exigera pas de ses ministres chargés de l’eucharistie de refuser la communion à la gouverneur démocrate. Il a souligné avoir reçu, après sa prise de position, un grand nombre de réactions «pro et contra». La polémique avait en effet enflé dans les journaux séculiers, les radios locales et les discussions de bistrot. Certains se sont aussi demandés pourquoi l’Eglise s’en prenait à une figure du parti démocrate en pleine période électorale.
La gouverneur doit faire respecter la loi et les décisions de justice
«Dans ma demande à la gouverneur Sebelius, j’ai dit clairement que c’était sa propre responsabilité de ne pas se présenter pour recevoir la sainte communion», écrit-il, en espérant qu’elle va suivre cette demande. Mais il reconnaît que «pastoralement, il est certainement préférable de ne pas charger les ministres de l’eucharistie de la responsabilité de refuser la communion à quelqu’un», bien que ce ministres aient une obligation de protéger le sacrement des abus ou des mauvais usages.
Pour l’archevêque, personne n’a demandé à la gouverneur de ne pas tenir le serment dû à ses fonctions, c’est-à-dire de faire respecter les décisions des tribunaux et les lois, qu’elles émanent de l’Etat ou qu’elles viennent du gouvernement fédéral. Mais à ses yeux, Kathleen Sebelius, comme catholique, a l’obligation d’exprimer son opposition à des lois et des décisions judiciaires qui ne protègent pas la vie d’innocents. Elle doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour changer la loi, malgré les limitations imposées actuellement par la Cour Suprême des Etats-Unis. Mgr Naumann estime que l’on peut certes être un catholique fidèle et avoir une grande diversité d’opinions sur la grande majorité des problèmes, «mais il n’est pas possible de faire des compromis sur le caractère sacré de la vie humaine». (apic/cns/be)



