Une atteinte au libre exercice de la religion
Etats-Unis: L’archidiocèse de Portland très déçu par la décision de la justice
Portland, 5 janvier 2006 (Apic) L’archidiocèse de Portland est «très déçu» par la décision de la justice statuant que les biens des paroisses et des écoles catholiques appartiennent à l’archevêché. Cela signifie que ces biens, qui valent plusieurs centaines de millions de dollars, pourront être pris en compte quand le tribunal fixera le dédommagement pour les victimes du scandale de pédophilie qui frappe ce diocèse de l’Etat américain de l’Oregon.
En 2004, l’archidiocèse de Portland avait été le premier aux Etats-Unis à recourir à la protection prévue par la loi américaine sur les faillites pour faire face à des plaintes pour abus sexuels commis par des membres du clergé se montant à plus de 53 millions de dollars. Après la décision que vient de prendre la juge des faillites Elizabeth Perris, qui a souligné la primauté de la loi civile sur la loi de l’Eglise en matière de faillite, l’archidiocèse a fait savoir qu’il continuera sa mission.
La juge veut mettre à contribution les propriétés des paroisses et des écoles catholiques pour dédommager les victimes, ce qui pourrait augmenter de façon significative le montant effectif à payer par l’archidiocèse de Portland. Ce dernier estime que cette décision – qui le déçoit énormément – porte atteinte à son droit et à ceux des paroissiens au libre exercice de leur religion.
«L’archidiocèse s’engage à poursuivre sa mission religieuse et charitable envers les catholiques et les autres personnes, que ce soient les milliers d’enfants dans ses écoles, ses paroissiens et les pauvres et les démunis, comme il l’a toujours fait durant ses 157 ans d’existence en Oregon, quels que soient les obstacles qu’il a à affronter», a fait savoir l’archevêché dans un communiqué.
L’archidiocèse de Portland, qui pense toutefois que la décision de justice ne passera pas telle quelle le cap d’instances judiciaires supérieures, compte 124 paroisses, dont 40 d’entre elles ont des écoles primaires, et trois écoles secondaires. Les instances archidiocésaines soulignent qu’elles ont toujours été prêtes à payer en cas de plaintes fondées et valides, mais se défendront contre les prétentions abusives. L’archidiocèse a dû mettre sur pied un plan de réorganisation de ses activités suite au scandale de pédophilie. (apic/cns/be)



