Vers la pleine communion entre anglicans et luthériens

Etats-Unis: L’Eglise épiscopalienne prépare ses assises

Denver, 4 juin 2000 (APIC) L’Eglise épiscopalienne des Etats-Unis, qui rassemble environ cinq millions d’anglicans, tiendra sa Convention générale du 5 au 15 juillet à Denver, dans le Colorado. Les délégués y voteront un accord historique pour une pleine communion avec cinq autres millions de chrétiens américains, appartenant à l’Eglise protestante luthérienne.

La Convention épiscopalienne, qui se réunit tous les trois ans pour décider des grandes orientations ecclésiales, est constituée, sur le mode parlementaire, de deux Chambres de députés: l’une comprend les représentants des diocèses, clercs et laïcs élus à part égale; l’autre est la Chambre des évêques.

De nombreux responsables épiscopaliens s’attendent à une Convention 2000 assez différente des précédentes, où les divergences de vue ont parfois desservi la dynamique d’ensemble. Cette fois, le volume des 186 résolutions proposées paraît plus raisonnable à traiter que les 400 à 600 résolutions proposées aux rassemblements de Phoenix en 1991 et de Philadelphie en 1997. Pour la première fois, les députés laïcs et prêtres feront connaître leur avis par vote électronique, dont le dépouillement immédiat s’affichera sur grand panneau, comme dans de nombreux parlements modernes.

Autre première: le Livre Bleu de 509 pages comprenant les rapports des commissions d’Eglise et autres documents de travail pour l’assemblée, a été doublé d’un CD-Rom pour en étendre l’information.

Pleine communion avec les Luthériens

Le grand événement, en partie désamorcé par l’évolution favorable des relations oecuméniques, sera le vote décisif du texte révisé de l’Accord élaboré entre Episcopaliens et Luthériens américains en vue d’une pleine communion entre les deux Eglises.

En 1997 à Philadelphie, la Convention épiscopalienne avait approuvé une première mouture de ce texte, mais quelques semaines plus tard, l’assemblée générale de l’Eglise luthérienne des Etat-Unis n’avait pu atteindre, à six voix près, le quorum des deux tiers pour marquer son adhésion sur l’Accord. Une commission luthérienne a pris depuis l’initiative de réécrire le document, en concertation avec des représentants épiscopaliens. Pour éviter d’inutiles pierres d’achoppement, on a mieux clarifié les enjeux de la communion, sur lequel l’Accord attend des pas concrets des deux Eglises d’ici 2001.

La nouvelle mouture, intitulée «Appelés à une mission commune», a été soumise en août dernier à une nouvelle assemblée générale luthérienne. Après trois jours de débat, l’Accord a été approuvé à 69,3 % des 1033 votants. En juillet prochain, ce sera au tour des épiscopaliens de se prononcer sur le même texte.

Le point le plus délicat dans le texte d’Accord soumis l’an dernier aux luthériens concerne le ministère ordonné, et plus particulièrement l’épiscopat dit «historique». L’Accord demande clairement aux luthériens de rejoindre sur ce point les épiscopaliens dans leur souci de préserver la continuité dans la transmission du ministère par les évêques à leurs successeurs. L’Accord y voir un signe incontournable de la fidélité à travers les âges d’une Eglise qui se sait d’autant plus unie qu’elle se sait fondée partout sur le même ministère hérité des apôtres. De leur côté, les épiscopaliens devront accepter, en votant l’Accord, de lever une clause restrictive de leur droit ecclésiastique, qui stipule depuis le XVIIe siècle que «nul n’est autorisé à exercer les fonctions d’évêque, de prêtre ou de diacre, à moins d’y avoir été ordonné par un évêque qui s’inscrit dans la succession historique».

Cette restriction a garanti à l’Eglise anglicane américaine une grande unité autour du ministère épiscopal, gardien de la fidélité ecclésiale. La levée de cette restriction devrait permettre désormais aux deux Eglises de reconnaître mutuellement et donc d’échanger leur clergé. Mais pour mieux manifester encore l’unité retrouvée autour de ce point capital, l’Accord prévoit que tout nouvel évêque sera ordonné par la prière et l’imposition des mains d’au moins trois évêques de chaque Eglise. Dans la même perspective, les luthériens ont accepté l’an dernier la règle selon laquelle aucun pasteur ou diacre ne peut être instituer sans avoir été ordonné par un évêque dûment reconnu. (apic/cip/pr)

4 juin 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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