Suite au fardeau financier dû aux abus sexuels

Etats-Unis: L’évêque de Tucson pourrait déclarer son diocèse en faillite

Washington, 22 juin 2004 (Apic) Pour la première fois dans l’histoire de l’Eglise catholique aux Etats-Unis, un diocèse pourrait se déclarer en faillite. En raison de nouvelles plaintes pour abus sexuels qui risquent de lui coûter des millions de dollars supplémentaires, le diocèse de Tucson, en Arizona, envisage en effet de recourir à cette procédure juridique car les indemnisations payées en l’an 2002 l’ont mis financièrement à genoux.

Sur son site internet, Gerald Frederick Kicanas, évêque de Tucson, évoque la possibilité d’utiliser les modalités du fameux «Chapter 11» de la loi américaine sur les faillites en raison des nouveaux cas d’abus sexuels qui s’annoncent de victimes. Il y actuellement 19 plaintes toujours pendantes impliquant des membres du clergé diocésain. Toutes ont été déposées après un arrangement extrajudiciaire obtenu en 2002 et concernant 10 victimes alléguant des abus subis de la part du clergé local.

Les montants des dédommagements n’ont pas été rendus publics, mais on les estime à quelque 16 millions de dollars. Selon le rapport financier pour 2002-03, le diocèse de Tucson a une dette à long terme de 4,7 millions de dollars et un déficit de 7 millions de dollars. D’après le responsable des finances diocésaines, il pourrait falloir 10 ans avant que le diocèse ne retrouve les chiffres noirs.

«Nous sommes un diocèse missionnaire avec peu de moyens financiers, et les indemnités que nous avons déjà versées ont fortement réduit les possibilités de répondre à de nouvelles demandes», souligne le nouvel évêque de Tucson, en place depuis mars 2003.

Mgr Kicanas ne refusera pas la communion aux politiciens catholiques

Mgr Kicanas annonce également sur son site internet (contrairement à d’autres prélats américains) qu’il n’a pas l’intention de refuser la communion aux politiciens catholiques qui ne seraient pas en ordre avec la doctrine catholique.

«Mais je continuerai à dialoguer avec les hommes politiques catholiques sur ces principes fondamentaux moraux de la vie. Je m’engage sans équivoque pour protéger la vie humaine et sa dignité, de la conception à la mort. J’espère que tout le monde dans le diocèse continuera à travailler ensemble pour réaliser cela dans nos vies et dans nos lois».

Les évêques catholiques américains réunis en assemblée plénière ont déclaré à propos du refus de la communion – un débat qui n’a pas manqué de prendre une tournure politique en pleine période électorale – qu’une telle décision relève de l’évêque local, en accord avec les principes pastoraux et canoniques en vigueur. (apic/cns/be)

22 juin 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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