Le vocabulaire féministe condamné par le Vatican
Etats-Unis: La Conférence épiscopale retire l’imprimatur d’une traduction des psaumes
Washington, 14 août 1998 (APIC) Sur ordre du Vatican, le président de la Conférence épiscopale des Etats-Unis, Mgr Anthony Pilla, a retiré l’imprimatur de l’Eglise à une traduction des psaumes de la Commission liturgique de langue anglaise, a révélé vendredi l’agence de presse catholique américaine CNS. Motif: l’interdiction de recourir à un vocabulaire féministe, «politiquement correct» aux Etats-Unis.
La congrégation romaine pour la doctrine de la foi avait déjà critiqué l’utilisation du vocabulaire «inclusif» (utilisant des mots valables indistinctement pour les deux sexes) dans une traduction de la Bible. Le «langage inclusif» évite tout sexisme et toute discrimination. Nombre de ses promoteurs/promotrices se trouvent aux Etats-Unis. Il remplace par exemple le mot «homme» par «être humain», pour faire droit aux revendications des milieux féministes.
Quid de Dieu le Père ?
Le «langage inclusif» consiste à éliminer du langage liturgique et des lectures toute référence à une discrimination de type linguistique qui jouerait en défaveur de la femme. L’exemple classique étant «Dieu le Père». Tout l’art de l’exercice est de trouver des tournures suffisamment génériques, indiquant un sens masculin et féminin aux mots employés.
Ce problème avait déjà retardé la sortie du Catéchisme de l’Eglise catholique dont la première traduction avait été refusée par Rome. De nouvelles difficultés ont surgi l’an dernier avec la traduction du Lectionnaire de la messe dont la mise au point avait demandé cinq ans de travail en raison des difficultés provenant du «langage inclusif». Aux Etats-Unis, où le mouvement féministe est fort à l’intérieur de l’Eglise, cette problématique est au cœur du débat et provoque de vives tensions.
Le cardinal Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi n’est pas le seul à s’opposer au «langage inclusif». Le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, s’est lui aussi prononcé contre le fait d’appeler Dieu, dans la prière, non seulement «Père» mais aussi «Mère». L’archevêque de Vienne, qui fut secrétaire du Comité de rédaction du catéchisme de l’Eglise catholique et professeur de théologie dogmatique à l’Université de Fribourg, a mis en garde contre une extension indue du «langage inclusif» à certains domaines de la foi. (apic/cic/cns/kna/be)



