Divisée, mais courtisée pour son immense poids électoral
Etats-Unis: La droite chrétienne ne sait plus à quel saint se vouer en vue des présidentielles
Washington, 15 novembre 2007 (Apic) Alors que l’élection présidentielle américaine se profile, en 2008, la droite chrétienne américaine, qui avait massivement soutenu Bush, ne sait toujours pas à quel candidat se vouer.
Aucun des huit candidats en lice pour recevoir l’investiture du Parti républicain à l’élection présidentielle américaine n’a le profil idéal pour un courant qui pèse lourd dans l’électorat, écrit «La Croix» dans son édition de jeudi. A moins de deux mois du début des primaires, le 3 janvier prochain dans l’Iowa, en vue de l’élection présidentielle 2008, les différents prétendants républicains multiplient les appels du pied à la droite chrétienne.
Selon le quotidien catholique, Rudy Giuliani, maire de New York pendant les attentats de septembre 2001, a reçu le soutien du télévangéliste Pat Robertson. Le sénateur John McCain s’affiche avec Sam Brownback, politicien proche des milieux évangéliques, et l’ancien gouverneur du Massachusetts Mitt Romney avec Paul Weyrich, ténor du mouvement. L’ancien acteur et sénateur Fred Thompson a de son côté reçu l’appui du plus important groupe antiavortement du pays, l’organisation National Right to Life.
«La Croix» rappelle que la droite chrétienne pèse lourd au sein de l’électorat républicain: environ 40 % des électeurs républicains se considèrent comme «évangéliques». Il y a huit ans, George W. Bush avait réussi à la rallier à sa cause, s’assurant ainsi la mainmise sur le parti. Mais les choses s’annoncent plus compliquées cette fois-ci.
Selon «La Croix», la droite chrétienne est divisée. Aucun des prétendants en tête des sondages n’offre le profil idéal. Rudy Giuliani s’oppose à la remise en cause du droit à l’avortement. Mitt Romney est mormon, une religion considérée comme une secte par les évangéliques. Enfin, beaucoup n’ont pas oublié que John McCain, candidat à l’investiture en 2000 contre George W. Bush, avait alors tiré à boulets rouges sur ceux qu’ils appelaient les «agents de l’intolérance».
Cette même droite chrétienne, divisée, certes, a bondi en voyant côte à côte Rudy Giuliani, qui défend les droits les homosexuels, et Pat Robertson, qui avait vu dans les attentats du 11 septembre une des conséquences d’une décadence des moeurs. Mais de nombreux républicains estiment que Rudy Giuliani est le meilleur candidat.
«Ça n’a absolument aucun sens, s’emporte Steve Scheffler, président de l’Iowa Christian Coalition, cité par «La Croix». «C’est absolument contre nature, et je peux vous garantir que si les républicains présentent Rudy Giuliani, les évangéliques n’iront pas voter». Les électeurs évangéliques s’étaient rendus aux urnes en masse pour George W. Bush en 2004: ils ont représenté 26 % des votants, et à près de 80 % ils avaient soutenu le président. (apic/cx/gb/pr)



