Dialogue renoué entre syndicats et communautés religieuses
Etats-Unis: La Fête du travail sera célébrée le 1er septembre
New York, 31 août 2008 (Apic) Le monde du travail, aux Etats-Unis, est marqué par l’augmentation rapide du nombre d’immigrants d’Amérique latine. A la veille de la Fête du travail, célébrée le 1er septembre dans le pays, une organisation chrétienne souligne que les Eglises ont renoué d’anciens liens et remis à l’ordre du jour les questions relatives aux travailleurs.
Kim Bobo, directrice exécutive d’Interfaith Worker Justice, une organisation basée à Chicago, a récemment évoqué ces liens alors que les Etats-Unis se préparent à célébrer la fête du travail. Cet événement constituera, pour la plupart des Américains, l’occasion d’un week-end de trois jours qui marquera la fin de l’été plutôt qu’une occasion de célébrer les travailleurs et le mouvement ouvrier aux Etats-Unis, souligne l’agence oecuménique ENI.
L’organisation de Kim Bobo, qui collabore avec l’American Federation of Labor and Congress of Industrial Organizations (AFL-CIO), principale fédération syndicale des Etats-Unis, fait la promotion de «Travail à la chaire», un programme mettant l’accent sur le thème de la justice pour les travailleurs, lors du week-end de trois jours. «S’il y a un moment où une paroisse doit aborder des questions relatives au travail, c’est lors du week-end de la fête du travail», a affirmé Kim Bobo. Cette année, l’accent portera notamment sur les difficultés auxquelles sont confrontées les personnes percevant de bas salaires.
Kim Bobo a expliqué a l’agence ENI que le retour à l’assistance des immigrés, particulièrement important pour l’Eglise catholique romaine, coïncide avec les luttes de travailleurs dans les usines de conditionnement de viande aux Etats-Unis, qui emploient une main-d’oeuvre sans papiers, dont une grande partie vient du Mexique et d’Amérique centrale. Les activités de «Travail à la chaire», auxquelles participent des milliers de lieux de culte des traditions juive, chrétienne, musulmane et bouddhiste, rappellent les «Labour Day Sundays», qui étaient très courants au début et au milieu du XXe siècle.
Seul un travailleur sur dix est membre d’un syndicat
Pour illustrer les liens qui existaient autrefois entre les travailleurs et les communautés religieuses, Kim Bobo a expliqué qu’entre 1930 et les années 50, les paroisses catholiques des Etats-Unis avaient mis en place près de 200 écoles pour ouvriers, et que les leaders juifs en avaient fondé une centaine. «Ces structures soutenaient les immigrants catholiques et juifs, qui peinaient à gagner leur vie aux Etats-Unis», a-t-elle expliqué à l’agence ENI. «Mais à mesure que les communautés catholiques et juives des Etats-Unis ont gravi l’échelle sociale, leurs liens avec les travailleurs à bas revenus et la main-d’oeuvre immigrée ont commencé à se réduire, tout comme les liens avec le syndicalisme.» Aujourd’hui, seul un travailleur sur dix est membre d’un syndicat aux Etats-Unis ; au début des années 50, près du tiers des travailleurs étaient syndiqués.
Les liens entre les paroisses et le mouvement ouvrier sont plus forts dans les zones urbaines, et dans les communautés juives, protestantes classiques et catholiques. Ils sont en revanche moins forts au sein des Eglises chrétiennes évangéliques et dans les banlieues, a déclaré Kim Bobo. Toutefois, a-t-elle ajouté, des alliances entre religion et travailleurs apparaissent dans les régions des Etats-Unis – pour beaucoup rurales – où l’industrie de la transformation alimentaire emploie de la main-d’oeuvre mal payée. (apic/eni/bb)



