Etats-Unis: La plus grande organisation oecuménique du pays contre la guerre en Irak
«L’intégrité morale des Etats-Unis est en jeu»
Washington, 14 janvier 2003 (APIC) L’administration des Etats-Unis n’a de loin pas réuni les arguments en faveur de la guerre en Irak, estime Robert Edgar, secrétaire général du Conseil national des Eglises des Etats-Unis, qui dirige la plus grande organisation oecuménique.
De retour d’un voyage de six jours en Irak, à la tête d’une délégation d’une douzaine de responsables religieux des Etats-Unis, il dit tout haut ce que commence enfin à penser de plus en plus de citoyens de ce pays, à savoir que «l’intégrité morale des Etats-Unis est en jeu».
Ancien parlementaire démocrate de Pennsylvanie, il a commenté son séjour en Irak en se disant convaincu de la nécessité de tout faire pour «freiner cette course à la guerre». Surtout, il met en garde ses compatriotes, et rejette l’idée exprimée fréquemment aux Etats-Unis qu’une guerre sera facile et que «les Irakiens accueilleront les soldats des Etats-Unis en libérateurs». Les Irakiens, dit-il, savent qu’ils perdront une guerre contre les Etats-Unis. «Mais ils combattront jusqu’à la mort pour défendre l’honneur de leur pays.»
Pas patriote
«Les chrétiens irakiens, ajoute Robert Edgar en s’adressant à ses concitoyens nous ont déclaré: ’Si vous pensez que Saddam Hussein est mauvais, certains de ceux qui collaborent avec votre gouvernement sont aussi mauvais que lui’».
Une déclaration qui a valu une volée de bois vert peu après une apparition le 9 janvier à la télévision pour le programme «Today Show». Robert Edgar a en effet reçu de nombreux messages électroniques l’accusant «de ne pas être patriote».
Malgré ces critiques, Robert Edgar pense que l’opposition à la guerre grandit parmi les cercles progressistes des Eglises des Etats-Unis et qu’un nombre croissant de grandes Eglises de «l’Amérique moyenne» expriment des doutes à propos d’une guerre éventuelle. De plus en plus de gens, estime enfin le leader, y compris dans les rangs du président Bush, pensent aujourd’hui qu’une «guerre serait une folie». (apic/eni/pr)



