Les déclarations du cardinal Arinze vues comme une ingérence

Etats-Unis: La question du droit à l’avortement enjeu de la campagne présidentielle

New York, 29 avril 2004 (Apic) La question controversée de l’avortement pourrait devenir un enjeu dans la campagne présidentielle aux Etats-Unis, en particulier depuis que le Vatican a désavoué la position du sénateur John Kerry, le candidat démocratique qui sera opposé au président actuel George W. Bush. Les récentes déclarations du cardinal Arinze sont d’ailleurs diversement commentées, sinon vues comme une ingérence dans la présente campagne.

John Kerry, un catholique qui se dit attaché au droit à l’avortement, a réaffirmé sa position. Ce qui a fait réagir le cardinal Arinze, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements. Qui a affirmé que les politiciens catholiques adoptant la position défendue par John Kerry devraient se voir interdire l’accès à la table de communion.

Le cardinal Arinze, parfois mentionné comme un éventuel successeur au pape Jean Paul II, a en effet déclaré le 23 avril lors d’une conférence de presse au Vatican que la position anti-avortement de l’Eglise catholique était bien connue et qu’il appartenait aux évêques américains d’interpréter cette politique. A un journaliste qui lui demandait si la communion devrait être refusée à un politicien en désaccord avec la politique du Vatican, le cardinal a répondu: «Oui».

Le jour suivant, John Kerry a communié dans l’église qu’il fréquente régulièrement, située près de son domicile de Boston, dans le Massachusetts. Selon l’agence Associated Press (AP), un porte-parole de l’archidiocèse de Boston a déclaré que l’archidiocèse avait comme politique de ne refuser la communion à personne.

John Kerry a réaffirmé sa position concernant l’avortement le vendredi 23 avril, jour même de la conférence de presse au Vatican. La position de John Kerry a suscité des réactions parmi la hiérarchie catholique des Etats-Unis, et notamment celle de l’archevêque Raymond Burke, de Saint Louis, qui a déclaré que la communion devrait être refusée à John Kerry.

Sujet épineux

La question du droit à l’avortement est depuis longtemps un sujet épineux aux Etats-Unis. Elle pourrait l’être davantage dans cette campagne présidentielle, et servir d’arguments à l’un et à l’autre des candidats, d’autant que la question divise de plus en plus l’opinion publique. D’aucuns, aux Etats-Unis considèrent l’intervention du cardinal Arinze comme une dans cette campagne électorale et comme un appui au président sortant Bush.

Mgr Raymond Burke a aussi demandé de refuser la communion à d’autres politiciens catholiques partisans du droit à l’avortement, entre autres l’ancien gouverneur de l’Etat de New York, Mario Cuomo.

Les évêques catholiques des Etats-Unis seraient en train de se pencher sur cette délicate question. Parmi ceux qui soutiennent le président Bush figurent de nombreux conservateurs, en total accord avec son opposition à l’avortement.

La controverse concernant la position de John Kerry et la réaction du Vatican ont eu lieu le week-end où environ un million de partisans du droit à l’avortement se sont rassemblés sur le National Mall de Washington. John Kerry n’était pas présent à ce rassemblement.

Division au sein même de la communauté catholique

Peu après la publication de l’instruction «Redemptionis Sacramentum», publiée vendredi à Rome, le cardinal Theodore Edgar Mc Carrick, archevêque de Washington, a relevé à propos du document: «Je pense que le débat a fait croître, dans une certaine mesure, l’appréciation de ce que la sainte communion signifie pour les catholiques, (…) la réelle présence de Dieu». L’archevêque de Washington, a cependant admis l’existence d’une division au sein même de la communauté catholique aux Etats-Unis, tout en précisant que «la couverture médiatique a permis de rendre ce péché clair, certainement pour un plus grand bien». (apic/imedia/eni/pr)

29 avril 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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