Montant insuffisant, estiment les victimes, qui apprécient le geste
Etats-Unis: Le diocèse de Boston propose 55 millions aux victimes de la pédophilie
Boston, 11 août 2003 (Apic) Les 542 victimes de prêtres pédophiles de l’archidiocèse de Boston, aux Etats-Unis, estiment que les 55 millions de dollars de dédommagements proposés le 8 août sont «lamentablement insuffisants». Les plaignants considèrent cependant que cette offre constitue «un premier pas constructif».
Kathy Dwyer, du SNAP (une association de victimes de prêtres pédophiles) a salué l’initiative du nouvel archevêque de Boston, Mgr Sean O’Malley, qui a fait cette offre «neuf jours après son entrée en fonction», souligne-t-elle. Cependant, précise Kathy Dwyer, «cela ne résout pas le problème à la racine».
Cette opinion est représentative de la réaction générale autant des plaignants que de leurs avocats. En effet, même si l’archidiocèse s’est déclaré prêt à prendre en charge les traitements psychothérapeutiques des victimes, celles-ci, une fois la somme partagée et les frais amortis, n’obtiendront par personne que quelques dizaines de milliers de dollars.
Les plaignants disposent de 30 jours pour rendre réponse. L’offre doit être acceptée par 95% des victimes. Une contre-proposition est déjà annoncée pour la semaine prochaine, indique Jeffrey Newman, un avocat qui représente plus de 200 clients. Il précise «pour la première fois en une année et demie, nous sommes traités en égaux, en êtres humains». Il considère que «tout cela vient de l’archevêque O’Malley». Ce dernier, officiellement en poste depuis le 31 juillet, succède au cardinal Bernard Law, qui avait démissionné en décembre 2002, suite aux accusation de laxisme dans le traitement des cas de prêtres pédophiles.
Paul Baier, président de «Survivors First», un autre groupe de victimes, estime pour sa part que l’archidiocèse de Boston a les moyens d’offrir un dédommagement plus important. Il se réfère aux estimations du quotidien «Boston Herald» qui mentionne des ressources immobilières inutilisées pour un montant de 160 millions de dollars. SH
Encadré
Le Vatican n’a pas ordonné la loi du silence pour les prêtres pédophiles, assure l’USCCB
La Conférence épiscopale des Etats-Unis (USCCB) assure que le Vatican n’a jamais ordonné de garder le secret sur les cas de prêtres pédophiles. Son département de communication réagit ainsi à une information diffusée dans les médias américains sur un document du Saint Office – l’ancien nom de la Congrégation pour la Doctrine de la fois – datant 1962.
Des médias américains l’ont qualifié de «plan de base» pour une action de camouflage des abus sexuels commis par des membres du clergé.
La Conférence des évêques des Etats-Unis dénonce cette interprétation à partir d’un texte pris hors de son contexte, ce qui provoque une complète distorsion des faits.
Le document en question, nommé «Crimen Sollicitationis», porte sur les fautes graves commises par des membres du clergé dans le domaine des comportements sexuels. Selon la presse italienne, le document ne fait pas mention de la pédophilie mais de comment se comporter en général si un prêtre venait à être accusé d’avoir cherché à obtenir des faveurs sexuelles de personnes qui étaient venues se confesser chez lui.
Le passage qui a déchaîné les médias est celui mentionnant que les enquêtes relatives aux plaintes sont placées «sous le secret du Saint Office». Il y est également indiqué que les contrevenants sont sanctionnés d’excommunication. Ne portant que sur des cas internes à l’Eglise et de surcroît antérieurs au Concile Vatican II, ce document «n’a plus aucune valeur», indique à Rome Mgr Julian Herranz, président du Conseil pontifical pour l’interprétation des textes législatifs. C’est en effet le nouveau Code de droit canon, en vigueur depuis 1983, qui fait désormais référence dans ce domaine. (apic/ag/lastampa/cns/sh)




