Etats-Unis: Le «Jesuit Refugee Service» banni des centres de détention pour requérants
Protestation de l’organisation «Human Rights Watch»
Washington, 23 février 2000 (APIC) L’organisation américaine de défense des droits de l’homme «Human Rights Watch» (HRW) a demandé au Service de l’Immigration et de la Naturalisation (INS) de rétablir les services fournis par le «Jesuit Refugee Service» (JRS) au centre de détention d’Elizabeth, dans le New Jersey. Le centre Elisabeth abrite 300 personnes qui ont demandé l’asile politique aux Etats-Unis
Les cours d’anglais et de Bible sont en effet suspendus depuis novembre dernier. Le JRS aurait brisé le contrat passé avec l’INS, qui prévoit que l’on n’aborde pas des sujets liés à la détention avec les détenus.
Le JRS a de son côté introduit une demande afin de pouvoir reprendre ses activités et attend une réponse des services concernés.
Citant les dernières directives du Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies en matière de détention des demandeurs d’asile, l’organisation de défense des droits de l’homme fait valoir que les détenus doivent pouvoir pratiquer leur religion et poursuivre leur éducation et leur formation.
L’un des deux incidents qui a motivé la suspension des services du JRS concerne l’étude d’un texte de l’Evangile selon Saint Matthieu (chapitre 25) dans lequel Jésus demande à ses disciples de visiter ceux qui sont en prison. L’autre incident concerne un cours d’anglais au cours duquel le bénévole du JRS a demandé aux participants de dire comment ils vivaient la détention.
Selon l’INS, le JRS «a rompu le contrat» qui précise qu’on ne discute pas de questions relatives à la détention. Will Coley, le directeur du projet du JRS dans le centre, a déclaré que, lors d’une rencontre, le responsable de district de l’INS lui avait dit que le JRS «offrait un espoir démesuré aux détenus» et qu’il «leur apprenait l’esprit critique».
Les cours de Bible rassemblaient entre 80 et 90 personnes et les cours d’Anglais quelque 180 participants. Pour Annie Wilson, du Service Luthérien aux Réfugiés et aux Immigrants, l’arrêt du programme est une déception d’autant plus amère que peu d’initiatives sont offertes aux personnes détenues dans les centres de l’Immigration. (apic/cip/pr)



