Etats-Unis: Le nouveau primat de l’archidiocèse grec-orthodoxe d’Amérique tourne la page

L’archevêque Demetrios se veut un «homme de consensus»

New York, 13 janvier 2000 (APIC) Quatre mois après avoir pris ses fonctions de primat de l’archidiocèse grec-orthodoxe d’Amérique, l’archevêque Demetrios a exprimé l’espoir que les divisions parfois rancunières et amères qui ont, ces dernières années, déchiré cette Eglise forte de 1,5 million de membres seront bientôt cicatrisées.

Dans une interview accordée à l’Agence oecuménique ENI, l’archevêque s’est exprimé avec le ton conciliateur qui avait déjà caractérisé son intronisation en septembre dernier, lorsqu’il a succédé à l’archevêque Spyridon. Il a exhorté les fidèles à se tourner vers l’avenir et à ne pas revenir sur les problèmes passés.

L’archevêque Spyridon avait démissionné après un mandat orageux de trois ans, marqué par la controverse et les plaintes de représentants d’Eglise et de laïcs qui critiquaient un style de direction jugé trop autocratique et en désaccord avec les traditions démocratiques américaines.

Abordant les problèmes récents sous un angle résolument historique et philosophique, l’archevêque Demetrios, un spécialiste du Nouveau Testament ayant étudié à Harvard, a souligné que la controverse n’était pas inconnue dans l’Eglise chrétienne primitive et qu’une partie de la «continuité» de l’Eglise, en tant qu’institution, s’était faite dans la lutte et le règlement de problèmes. «Il y a des périodes de difficultés. Nous devons y faire face puis regarder vers le futur.»

Pour le nouvel archevêque, l’essence de la communication est le contact. En accédant à ce nouveau poste, l’archevêque Demetrios était bien conscient des nuances particulières de la culture américaine et de ses traditions religieuses. Né à Thessalonique, en Grèce, il est en effet venu aux Etats-Unis en 1965 pour étudier à l’université de Harvard, où il a passé son doctorat en 1972.

L’archevêque Demetrios reconnaît que la rigidité dans le domaine liturgique ne peut être imposée dans une Eglise où tant de membres sont éloignés de plusieurs générations de leurs ancêtres grecs. En même temps, «il serait faux de vouloir se débarrasser entièrement de tout ce qui est Grec», a-t-il dit, en préconisant une approche équilibrée où les lectures se feraient en anglais et en grec.

Tout en reconnaissant les tensions passées entre les Eglises orthodoxes et certaines politiques et déclarations du Conseil national des Eglises des Etats-Unis, la plus grande organisation oecuménique du pays, l’archevêque Demetrios a assuré vouloir promouvoir les relations avec le Conseil, ainsi qu’avec d’autres responsables d’Eglises américaines et représentants des traditions non chrétiennes. (apic/eni/pr)

13 janvier 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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