Etats-Unis: Le racisme n’épargne pas l’Eglise
Washington, 13 mai 2001 (APIC) Le racisme n’épargne pas l’Eglise aux Etats-Unis, dénonce le Père Clarence Williams, directeur de l’Office pour les catholiques noirs de l’archidiocèse de Detroit.
On a beau recourir à des termes élégants tels que «multiculturalisme» ou «diversité ethnique», autant le dire tout net: la société américaine est en réalité profondément raciste, déplore en effet le Père Clarence Williams.
Aux Etats-Unis, des épisodes de violence collective causés par des crimes liés à des problèmes raciaux se répètent régulièrement. Le dernier, qui encore fait couler beaucoup d’encre, remonte au 7 avril, à Cincinnati, dans l’Ohio: la ville a été pendant plusieurs jours le théâtre d’accrochages et de manifestations organisées par la communauté noire après l’énième assassinat d’un adolescent de couleur par la police. A cette occasion, des groupes de religieux et de religieuses sont descendus dans la rue pour s’interposer entre la police et les manifestants.
Le Père Williams, de la Congrégation du Très Précieux Sang, entend faire prendre conscience que la division raciale prévaut également au sein de l’Eglise. «L’Eglise, dit-il, joue sur les deux tableaux. En tant qu’institution, elle est contre le racisme, mais beaucoup de ses membres soutiennent cette idéologie».
Le religieux est directeur de l’»Institute for Recovery from Racism», qui a mis au point une série de techniques de «désintoxication», affrontant le phénomène comme s’il était une maladie comparable à l’alcoolisme ou la toxicomanie. Et des dizaines de personnes, paraît-il, ont déjà eu recours aux séminaires et aux techniques de «workshop» mises au point pour affronter les préjugés au niveau social et individuel. (apic/cip/vd/pr)




