Parce que le discours d’ouverture sera tenu par le président Obama

Etats-Unis: Les catholiques conservateurs se mobilisent contre l’Université Notre-Dame

Washington, 25 mars 2009 (Apic) Les milieux catholiques conservateurs se mobilisent contre l’invitation faite par l’Université catholique Notre-Dame, dans l’Indiana, au président américaine Barack Obama. Ils reprochent à la prestigieuse Université, fondé par un prêtre français de la Congrégation de Sainte-Croix en 1842 (*), d’avoir invité comme orateur pour les célébrations de fin d’études le 17 mai prochain «un partisan de l’avortement et de la recherche sur les cellules souches embryonnaires». Il y recevra également une distinction honoris causa en droit.

Animée par des laïcs catholiques, la «Cardinal Newman Society» a lancé une pétition sur internet (www.notredamescandal.com) dénonçant le «scandale» d’avoir invité le président Obama et exigeant du président de Notre-Dame, le Père John I. Jenkins, qu’il annule immédiatement cette invitation. Mercredi 25 mars, cette pétition en ligne avait déjà récolté plus de 100’000 signatures !

La «Cardinal Newman Society», fondée en 1993, s’est donné pour but de «contribuer à maintenir l’identité catholique des établissements d’enseignement supérieur créés et/ou soutenus par l’Eglise américaine». Ce n’est pas la première fois qu’elle fait la chasse aux établissements catholiques ayant reçu des orateurs – notamment au moment des célébrations de fin d’études (commencement speech) – «notoirement hostiles à l’enseignement de l’Eglise».

Cette démarche a été soutenue par l’évêque du diocèse de Fort Wayne-South Bend, sur le territoire duquel se trouve l’Université Notre-Dame. Mgr John D’Arcy, déjà ouvertement critique à l’égard de l’Université catholique dans le passé, a annoncé qu’il boycotterait les cérémonies du 17 mai. Mgr D’Arcy met au défi l’Université, «en tant qu’institution catholique», de se demander si oui ou non par cette décision, «elle n’a pas choisi le prestige plutôt que la vérité».

Violente charge de Mgr D’Arcy contre Barack Obama

L’évêque de Fort Wayne-South Bend estime que le président Obama refuse depuis longtemps «de considérer la vie humaine comme sacrée». «Tandis qu’il déclarait vouloir séparer la politique de la science, il a en fait séparé la science de l’éthique et a amené le gouvernement américain, pour la première fois dans l’histoire, à soutenir directement la destruction de la vie humaine innocente».

La Maison Blanche, pour sa part, a rappelé dans un communiqué le fait que l’on peut débattre sereinement sur des thèmes importants et que le président Obama salue l’esprit de débat et le fait que l’on puisse ne pas partager la même opinion. «Alors qu’il est honoré de bénéficier du soutien de millions de personnes de toutes les confessions, y compris les catholiques avec leur riche tradition de reconnaître la dignité de la personne, il ne gouverne pas avec l’attente que tout le monde soit toujours d’accord avec lui sur chacune de ses positions».

Rappelons qu’au plan national, 54% des catholiques ont voté en faveur du candidat «pro-choice» Barack Obama, contre 45% qui ont choisi le sénateur de l’Arizona John McCain lors des élections présidentielles de 2008, selon un sondage à la sortie des urnes de la chaîne de TV CNN. Mgr D’Arcy a écrit que sa décision de ne pas participer à la cérémonie à l’Université catholique Notre-Dame «n’est pas une attaque contre quiconque, mais ce geste est fait pour défendre la vérité sur la vie humaine».

Selon un document de la Conférence des évêques catholiques américains (USCCB), datant de 2004 et intitulé «Catholics in Political Life» (Catholiques dans la vie politique), la communauté catholique et les institutions catholiques ne devraient pas honorer d’un titre «ceux qui agissent au mépris de nos principes moraux fondamentaux». Ces personnes ne devraient pas recevoir de distinctions ou d’honneurs de la part d’institutions catholiques ni avoir accès à des occasions qui pourraient suggérer que l’Eglise soutient leurs actions. Mgr D’Arcy a déclaré avoir pris appui sur ce document de l’USCCB pour justifier sa décision de boycotter la cérémonie organisée par l’Université catholique Notre-Dame.

Malgré ces campagnes de boycott, les responsables de l’Université Notre-Dame ont fait savoir qu’ils maintiendraient leur choix, tout en précisant que l’invitation faite au président Obama ne devrait pas être considérée comme une approbation de ses positions sur des questions spécifiques concernant la protection de la vie humaine, y compris l’avortement et la recherche sur les cellules souches embryonnaires. Président de l’Université Notre Dame, le Père John I. Jenkins, de la Congrégation de Sainte-Croix (CSC), a estimé que cette visite était «une base pour un engagement positif ultérieur». JB/CNS/Com

(*) La Congrégation de Sainte-Croix (CSC) est une congrégation catholique de frères et de pères spécialisés dans l’enseignement, fondée au Mans, dans la Sarthe (France), en 1837 par le Père Basile Moreau. (apic/be)

25 mars 2009 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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