Etats-Unis: Les Eglises demandent la clémence pour 15 «prisonniers politiques» portoricains
Lettre de Konrad Raiser à Bill Clinton
New York, 28 janvier 1998 (APIC) Le pasteur Konrad Raiser, secrétaire général du Conseil œcuménique des Eglises (COE), vient d’adresser une lettre au président américain Bill Clinton.pour lui demander la clémence des Etats-Unis à l’égard de quinze «prisonniers politiques» portoricains incarcérés dans les prisons américaines depuis plus de vingt ans.
Les prisonniers auraient été membres de l’organisation clandestine indépendantiste des Forces armées de libération nationale (Fuerzas Armadas de Liberacion Nacional FLAN). Selon leur avocate américaine Jan Susler, treize des prisonniers ont été reconnus coupables de «conspiration séditieuse» qui incluait 28 attentats à la bombe contre des bâtiments de la région de Chicago. Même si ces attentats ont causé d’importants dégâts matériels, a fait remarquer l’avocate il n’y a eu aucune victime. Ces prisonniers ont été condamnés à des peines s’échelonnant entre 35 et 105 ans.
Les deux autres prisonniers, membres du groupe clandestin des «Macheteros», ont été reconnu coupables d’avoir dérobé sept millions de dollars dans un convoi de transport de fonds. L’un des deux devrait sortir de prison le 13 février.
Ces détenus ont purgé des peines exceptionnellement longues, souvent dans des conditions d une extrême rigueur. Ils ont été arrêtés, inculpés et jugés à une époque où le contexte politique pouvait exiger de recourir à l’emprisonnement comme moyen de dissuasion. Ce temps est depuis longtemps révolu, et ces détenus, depuis longtemps aussi, ont accompli les peines que la conception de la justice d’alors pouvait requérir, relève le pasteur Raiser. «Accorder la clémence à ces prisonniers permettrait d’ouvrir la voie à une nouvelle relation avec Porto Rico et son peuple».
Située à 1’600 kilomètres au sud-est de Miami, Porto Rico, qui compte plus de trois millions d’habitants, a le statut de «territoire des Etats-Unis en libre association».
1998, centenaire de la cession de l’Espagne de Porto Rico aux Etats-Unis
Jan Susler rappelle que l’année 1998, qui marque le centenaire de la cession par l’Espagne de Porto Rico aux Etats-Unis, serait, pour le président des Etats-Unis, le «moment symbolique» de prendre une mesure de clémence. L’appel à la clémence a été fait certes au nom de ces prisonniers, mais ils ne l’ont pas lancé eux-mêmes, car ils estiment que leur action et le recours aux moyens qu’ils ont utilisés pour lutter contre le colonialisme étaient justifiés.
Des observateurs politiques ne pensent pas qu’ils reprendraient le même genre d’activités s’ils étaient libérés. Leur mouvement a été porté par la «fièvre» qui embrasait alors le monde» et qui avait conduit au succès de la révolution cubaine, au soulèvement victorieux des sandinistes contre le dictateur Somoza au Nicaragua. (apic/eni/ba)



