La menace de schisme momentanément évitée
Etats-Unis: Les épiscopaliens américains vont cesser d’ordonner des prêtres homosexuels
New Orleans, 26 septembre 2007 (Apic) Les responsables de l’Eglise épiscopalienne des Etats-Unis se sont mis d’accord mardi 25 septembre pour cesser d’ordonner des prêtres homosexuels et de bénir des mariages «gays». Réunis durant six jours au Convention Center de La Nouvelle Orléans, ils veulent ainsi éviter le schisme qui menaçait au sein de la Communion anglicane.
L’Eglise épiscopalienne américaine (ECUSA), une branche de la Communion anglicane, avait jusqu’au 30 septembre pour prendre cette décision. En cas de refus, elle aurait perdu sa qualité de membre de la Communion anglicane, présidée par l’archevêque de Canterbury Rowan Williams.
Les épiscopaliens américains ont aussi accepté de ne plus autoriser les cérémonies publiques de bénédiction des couples de même sexe «jusqu’à ce qu’un plus large consensus émerge au sein de la Communion», ou jusqu’à ce qu’une Convention générale en décide autrement. Dans son intervention, le primat anglican Rowan Williams avait exhorté l’Eglise épiscopalienne à faire des concessions pour préserver l’unité de la Communion anglicane. L’évêque Katharine Jefferts Schori, qui préside l’ECUSA, a salué le «travail remarquable» de ses confrères évêques et a souligné leur ferme désir de rester pleinement membres de la Communion anglicane.
Le cas de l’évêque homosexuel Gene Robinson
L’Eglise épiscopalienne américaine a ordonné en 2003 Gene Robinson, évêque du New Hampshire, un prélat ouvertement homosexuel. Cette décision controversée a eu pour conséquence le départ de l’Eglise américaine de plusieurs de ses propres paroisses et une remise en question de son appartenance pleine et entière à la Communion anglicane, qui fédère l’ensemble des Eglises anglicanes du monde.
L’Eglise épiscopalienne américaine ne compte que deux millions de fidèles, contre quelque 75 millions appartenant aux autres 38 provinces de la Communion anglicane à travers le monde. La question de l’homosexualité figure depuis un moment à l’ordre du jour des 111 diocèses épiscopaliens des Etats-Unis.
Les 150 évêques épiscopaliens présents à La Nouvelle Orléans devaient définitivement dire s’ils approuvaient les décisions prises lors de la Convention générale des primats anglicans à Dar-Es-Salam (Tanzanie) en février dernier. Mis sous pression par les chefs de l’Eglise anglicane, les évêques épiscopaliens américains avaient jusqu’au 30 septembre pour donner des «garanties», faute de quoi leurs relations avec le reste de la Communion anglicane auraient pu être compromises.
La communauté anglicane est depuis quelques années profondément divisée, notamment sur l’ordination épiscopale des femmes et celle d’évêques ouvertement homosexuels. L’Eglise épiscopalienne des Etats-Unis a procédé à plusieurs ordinations d’homosexuels au sein de son clergé et à la bénédiction des mariages de couples du même sexe. L’ECUSA est présidée par l’évêque Katharine Jefferts Schori, la première femme à occuper ce poste, qui a longuement été applaudie durant l’assemblée de La Nouvelle Orléans.
Des primats conservateurs en première ligne
Les primats conservateurs venant d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine – qui menacent de mettre sur pied une hiérarchie parallèle – n’ont pas apprécié les ordinations d’homosexuels déclarés. Ils estiment que les pratiques homosexuelles sont incompatibles avec les Saintes Ecritures.
Le différend sur l’homosexualité qui les oppose actuellement est en partie dû au fait que l’Eglise épiscopalienne américaine, qui s’est séparée de l’Eglise (anglicane) d’Angleterre durant la Révolution américaine, fonctionne de façon démocratique. En Afrique, en Asie et en Amérique latine, les Eglises épiscopaliennes sont nettement plus hiérarchisées. Les primats anglicans ont menacé les épiscopaliens de les expulser de la Communion anglicane mondiale s’ils n’acceptaient pas la formation d’une Eglise épiscopalienne parallèle avec un évêque à sa tête pour son aile traditionnelle. Cet évêque serait responsable devant la Communion anglicane.
Les évêques épiscopaliens américains avaient rejeté cette proposition, la considérant comme «dangereuse et malsaine spirituellement», tout en réitérant leur désir de rester au sein de la Communion anglicane mondiale. Les évêques américains ont vivement déploré les immixtions d’évêques étrangers dans leur propre diocèse et dans leur propre juridiction et demandé qu’elles cessent définitivement. Ils ont aussi demandé un engagement «actif et sans équivoque» en faveur des droits civils, de la sécurité et de la dignité des personnes «gays» ou lesbiennes. (apic/ens/bbc/be)



