Ils pourront désormais partager sacrements, clergé et églises
Etats-Unis: Les luthériens et les épiscopaliens sont désormais en pleine communion
Washington, 14 janvier 2001 (APIC) Les Eglises évangélique luthérienne et épiscopalienne des Etats-Unis vivent désormais en pleine communion. Depuis le début janvier 2001, ce rapprochement significatif entre les deux Eglises va permettre aux quelque 7,7 millions d’épiscopaliens (anglicans) et de luthériens de partager leur clergé et leurs églises et de s’engager ensemble dans la mission.
Cette communion, scellée lors d’une imposante cérémonie à laquelle ont participé 3’500 fidèles des deux Eglises dans la cathédrale nationale de Washington, n’est cependant pas une fusion. Chaque Eglise maintiendra ses propres structures et sa tradition liturgique. La cérémonie qui a officialisé l’union contenait d’ailleurs des éléments des traditions liturgiques anglicanes et luthériennes.
Le baptême de la nouvelle communion entre l’Eglise épiscopalienne des Etats-Unis et l’Eglise évangélique luthérienne d’Amérique (ELCA) a été présidé par Mgr H. George Anderson, qui a dirigé la liturgie, tandis que le chef de l’Eglise épiscopalienne, Mgr Frank T. Griswold, a lu le sermon. Cette cérémonie marque un tournant dans les rapports entre deux des plus grandes Eglises des Etats-Unis.
Aide mutuelle dans les quartiers défavorisés et dans les zones rurales
Dès à présent, entre l’ELCA, qui compte 5,2 millions de membres, et l’Eglise épiscopalienne, qui en a 2,5 millions, il y a reconnaissance réciproque des membres, des ministères et des sacrements. Il y a également désormais la possibilité de procéder à l’échange des membres du clergé. L’accord les aidera à poursuivre une mission commune et à doter plus facilement en personnel certaines églises ou paroisses, plus particulièrement dans les quartiers urbains défavorisés et dans les régions rurales, où le nombre de membres est en baisse du fait du vieillissement de la population.
Mais ce qui compte encore plus, selon des dirigeants des Eglises, c’est ce que l’accord signifie pour l’avenir de l’unité chrétienne, aux Etats-Unis comme ailleurs. L’accord conclu aux Etats-Unis illustre les bons rapports qui existent dans de nombreux pays entre luthériens et anglicans. Les Eglises luthériennes des pays nordiques et baltiques sont déjà en communion avec les Eglises anglicanes des Iles Britanniques. Selon l’évêque Griswold, la déclaration officielle de communion complète «n’est que le début du voyage… Dieu seul sait où cela nous mènera. L’imagination divine dépasse tout ce que nous pouvons faire pour la comprendre et la contenir.»
Satisfaction des instances internationales, minorité dissidente
Le pasteur Ishmael Noko, théologien zimbabwéen et secrétaire général de la Fédération luthérienne mondiale (FLM) à Genève, s’est félicité de l’accord survenu aux Etats-Unis, dans lequel il voit «une contribution positive à la poursuite de la paix et de l’unité parmi les gens de Dieu, pour le plus grand bien de l’humanité’». Des membres de «World Alone», groupe dissident de luthériens qui s’oppose à l’accord, estiment que certains aspects de l’accord vont à l’encontre même des traditions luthériennes, notamment l’acceptation de «l’épiscopat historique», tradition selon laquelle seuls les évêques dont la succession remonte aux apôtres de Jésus peuvent ordonner prêtres et évêques. Le porte-parole de «World Alone», Christopher Hershman, pasteur de l’ELCA, considère que son Eglise a «capitulé devant les épiscopaliens».
L’évêque Griswold pense que ce nouvel accord conduira à des rapports toujours plus étendus et plus profonds de vie et de mission communes avec d’autres Eglises issues de la Réforme, ainsi qu’avec l’Eglise de Rome et les Eglises d’Orient. A Londres, George Carey, qui préside la Communion anglicane dans le monde, s’est réjoui de «tous les pas faits sur la voie de l’unité chrétienne totale et visible.» (apic/eni/cns/be)



