Risques d’abus de pouvoir

Etats-Unis: Les prêtres demandent plus de protection en cas d’abus sexuels

New York, 2 octobre 2002 (APIC) Face au flux continuel d’accusations d’abus sexuels portés contre eux, des prêtres catholiques américains réclament plus de protection pour leur profession aux Etats-Unis et le droit d’être entendus. Ils se sentent abandonnés par leurs évêques et déplorent le manque de «fair play» avec lequel ils sont traités dans les médias.

Un groupe de prêtres de New York a mis sur pied une nouvelle organisation appelée «Voice of the Ordained» (Voix des ordonnés) dans le but d’inviter tous leurs confrères de l’archidiocèse de New York et des diocèses voisins à une réunion jeudi 3 octobre. Il s’agit pour ces prêtres insécurisés d’étudier les effets des nouvelles directives sévères contre les abus sexuels votées par les évêques américains lors de leur assemblée plénière à Dallas en juin dernier.

«Nous voulons montrer que selon le droit canonique, les prêtres, les religieux et les laïcs ont le droit d’être entendus et de donner leur opinion», souligne le Père James Sullivan, qui est l’un des fondateurs de la nouvelle organisation. A ses yeux, la Conférence épiscopale catholique des Etats-Unis et le Vatican leur ont ôté ce droit. Une telle organisation existe déjà dans l’archidiocèse de Boston, où des centaines de procédures civiles contre le diocèse et certains prêtres sont pendantes.

Transparence, retenue et responsabilité attendues de la hiérarchie ecclésiale

Quand les évêques américains ont adopté en juin dernier leur charte pour la protection des enfants, le préoccupation était focalisée par les abus sexuels commis par des prêtres, mais ce document important pourrait créer ou exacerber un autre problème, celui de l’abus de pouvoir de la part d’évêques.

Dans la revue nationale jésuite «America» portant la date du 7 octobre, le Père John P. Beal, spécialiste de droit canon, se dit profondément troublé par l’abandon des standards concernant les droits légaux des accusés dans la «Charte pour la protection des enfants et des jeunes» et dans les «Normes fondamentales» adoptées par les évêques américains.

Professeur à l’Université catholique d’Amérique à Washington, John P. Beal relève que si les normes sont approuvées par le Vatican, les dispositions clés de la charte seront légalement contraignantes dans tous les diocèses. Le professeur de droit canon en appelle aux laïcs et aux prêtres pour qu’ils fassent cause commune non seulement pour promouvoir un environnement sûr pour les enfants en punissant les coupables d’agressions, mais aussi pour réclamer que le gouvernement de l’Eglise fasse preuve de responsabilité, de transparence et d’une certaine retenue.

Ripostez!

Après des mois de publicité négative, «il est temps pour les catholiques de risposter contre la façon déformée dont les médias présentent l’Eglise», a lancé Mgr Daniel R. Jenky, évêque de Peoria, dans l’Illinois. S’adressant aux 135 prêtres présents cette année à la Journée des Prêtres à Peoria, Mgr Jenky a estimé le moment venu pour les catholiques d’être plus «militants» en attirant l’attention sur le bien qu’apporte l’Eglise à de nombreux prêtres, religieux et laïcs qui sont à son service.

Il a émis de sévères critiques sur la manière dont lui-même et son prédécesseur sur le siège de Peoria – Mgr John J. Myers, transféré à Newark, dans le New Jersey – ont été présentés dans les médias profanes à propos des cas d’abus sexuels dans le diocèse. Depuis ce printemps, 8 prêtres de Peoria ont dû quitter leur ministère public après des allégations d’abus sexuels considérées comme crédibles. (apic/kna/cns/be)

2 octobre 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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