Préparation inadéquate et frustrations

Etats-Unis: Les règles limitent les possibilités du synode américain, estime le P. Reese

San Diego, 10 novembre 1997 (APIC) Les règles fixées pour le Synode des évêques pour l’Amérique limitent les possibilités de succès de ce même Synode, estime le Père jésuite Thomas Reese, professeur au Centre théologique de Woodstock, à l’Université de Georgetown, aux Etats-Unis. Etats-Unis: Les règles limitent les possibilités du synode américain, estime le P. Reese: telles sont les critiques émises par ce professeur, qui déplore que cinq petits pays d’Amérique latine, avec au total 41 évêques, compteront 15 délégués, soit autant que le Brésil et les Etats-Unis, avec près de 300 évêques.

Une préparation inadéquate, un processus biaisé de désignation des délégués et des procédures qui semblent viser à empêcher un dialogue serein risquent de limiter sérieusement toutes les contributions significatives pour le Synode des évêques pour l’Amérique, a en effet estimé le P. Reese, jésuite, lors d’une rencontre de la Société américaine de droit canonique tenue à San Diego, en Californie.

La République Dominicaine, le Salvador, Haïti, Porto Rico et l’Uruguay, qui comptent 41 évêques, auront 15 délégués, soit autant que le Brésil et les Etats-Unis, qui comptent près de 300 évêques, souligne le Père Reese. Il s’étonne de même que les cardinaux américains et les chefs des dicastère de la curie romaine aient eux aussi droit de vote.

Le jésuite constate que le Synode américain n’a disposé que d’une période de préparation fort courte, bien plus courte que celle dont a pu bénéficier le Synode africain. Le document de travail n’a été publié qu’en septembre, à quelques semaines de l’ouverture de l’assemblée. Il regrette de même que, hormis quelques cérémonies, les sessions seront fermées au public et aux médias.

Peur d’être en désaccord

Le P. Reese, qui a une formation en science politique, s’étonne des procédures utilisées quand les assemblées législatives tendent à avoir des procédures démocratiques, des sessions programmées régulièrement, des comités d’experts, une continuité des membres et l’autorité pour prendre des décisions contraignantes. «Il n’est pas surprenant pour les spécialistes de la politique qu’on obtienne peu dans une rencontre internationale d’un mois réglée par des procédures archaïques, sans autorité réelle, sans comités de continuité et avec peu de travail de préparation par des membres qui ne se rencontrent qu’une seule fois».

Vu l’attitude déférente à l’égard du pape, les évêques ayant peur d’être en désaccord avec lui, Jean-Paul II ne recevra probablement pas un avis correct, estime le P. Reese. On peut déjà le constater à la lecture des documents préparatoires, lesquels ne cessent de citer le pape, dit-il, «comme s’il ne savait pas ce qu’il a dit». (apic/cip/pr)

26 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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