Etats-Unis: Les théologiens ne veulent pas du «mandat»
Document de 61 pages envoyé aux évêques
Washington, 24 septembre 2000 (APIC) Les théologiens américains sont préoccupés par les nouvelles procédures promulguées par les évêques pour l’approbation ou le retrait du «mandat», à savoir l’autorisation d’enseigner comme théologien catholique. Les théologiens conteste le document approuvé par les évêques, à la demande de Rome.
La Conférence épiscopale des Etats-Unis a en effet approuvé en novembre dernier des directives selon lesquelles les professeurs de théologie doivent désormais recevoir un mandat de l’évêque du lieu. En approuvant les nouvelles directives, après une dizaine d’années d’âpres débats, les évêques se soumettaient à une injonction de Rome, leur demandant de régler la situation canonique des instituts de formation catholique pour les mettre en conformité avec le document romain «Ex Corde Ecclesiae» (1990), et avec le canon 812 du Code de droit canon. Dorénavant, les hautes écoles doivent inscrire dans leurs lignes directrices leur identité catholique et employer une majorité de catholiques, et les professeurs de théologie doivent obtenir un mandat de l’évêque du lieu.
Dans un document de 61 pages rendu public ces jours aux Etats-Unis, la Société Théologique des USA passe en revue les procédures prévues et confirme les fortes réserves déjà exprimées au cours des deux dernières années au sujet du «mandat». Les réserves avaient été manifestées durant de nombreux congrès organisés par les Universités Catholiques américaines et par les théologiens appartenant à plusieurs Congrégations religieuses.
Parmi les signataires du document il y a, entre autres, le Père Robert Krieg, de la Sainte-Croix, et Soeur Theresa Moser, de la Congrégation du Sacré-Coeur, ainsi que des canonistes et des théologiens. Les destinataires du rapport de 61 pages de la Société Théologique sont les évêques de la commission de la Conférence épiscopale qui doit étudier le problème, sous la présidence de Mgr Pilarczyk, archevêque de Cincinnati.
Le texte souligne que de nombreux théologiens sont en train de décider de ne pas demander le «mandat». «Cela ne doit pas être interprété comme un signe d’infidélité», précise-t-il. Il s’agit plutôt de l’expression d’un profond malaise dû à «l’imposition d’un modèle européen de relations entre l’Eglise et l’Université, qui est en contradiction avec le caractère de l’enseignement catholique aux Etats-Unis».
«Enterrement de la recherche théologique»
Pour chercher à limiter cette gêne, le document propose aux évêques de délimiter et de définir d’une façon particulièrement précise les cas où le retrait du «mandat» peut survenir, en prévoyant également une procédure de contrôle et d’appel.
Du côté des instituts de formation (l’Eglise catholique gère aux Etats-Unis 235 universités et collèges fréquentés par 670’000 étudiants), on craint une mainmise des évêques diocésains menaçant la liberté académique. Quelques professeurs ont parlé d’»enterrement de la recherche théologique» et Mgr Weakland, archevêque de Milwaukee, a parlé de «catastrophe pastorale pour l’Eglise». (apic/cip/pr)



