Le malaise des évêques sur le rôle des femmes dans l’Eglise
Etats-Unis: Mgr Murphy commente l’instruction romaine sur la collaboration laïcs/prêtres
Baltimore, 6 mars 1998 (APIC) Lorsqu’ils doivent s’exprimer sur le rôle des femmes, les évêques du monde entier sont placés dans une situation très inconfortable, estime l’évêque auxiliaire de Baltimore (Etats-Unis).
Selon Mgr Philip Francis Murphy, il n’est pas facile de rester loyal à l’égard de Rome et en même temps de représenter les gens. L’évêque auxiliaire de Baltimore s’exprimait à un atelier de la Conférence sur l’éducation religieuse de la Côte Est des Etats-Unis. Il a souligné qu’il avait pu une nouvelle fois le vérifier après la publication de l’instruction romaine sur la collaboration des laïcs au ministère des prêtres.
Ce document, publié en novembre dernier, rappelle entre autres que les laïcs ne peuvent prononcer des homélies et que les termes de «pasteur», «aumônier», «chapelain», «modérateur» ou «coordinateur» sont à proscrire dans leur cas. Or, les catholiques américains ont lutté pendant des années pour que les laïcs soient reconnus comme aumôniers de prison ou dans les hôpitaux, a indiqué Mgr Murphy.
Pour lui, l’instruction romaine va à l’encontre de l’intuition que les laïcs jouent un rôle vital vu le manque de prêtres disponibles. C’est un document «marqué par la peur», a constaté l’évêque auxiliaire de Baltimore, plutôt que par la confiance que l’Esprit Saint travaille pour amener les laïcs à assumer des rôles nécessaires. «A chaque ligne, dit-il, transparaît une priorité de maintenir le pouvoir». L’évêque estime de même qu’en voulant interdire toute discussion sur la question de l’ordination des femmes, Rome crée une situation qui risque de causer «une grande confusion».
Pour lui, «un réel malaise subsiste à propos de l’enseignement de l’Eglise». On n’arrivera pas à infléchir la tendance qui conduit les femmes à prendre leurs responsabilités dans l’Eglise, a-t-il observé. Quand elles en viendront à s’occuper de l’animation des communautés, peu importe qu’on les appelle «associées pastorales» ou «administrateur de paroisse», pour les paroissiens, elles seront des «pasteurs». (apic/cip/pr)




