Etats-Unis: Mgr Weakland avertit ses diocésains
Son successeur «tiendra le milieu de la route»
Milwaukee, 13 mars 2000 (APIC) Il faudra s’y faire, et surtout s’y préparer: la tendance dans l’Eglise étant à l’uniformisation, le prochain archevêque de Milwaukee sera dans la ligne. C’est, grosso modo, le message adressé au clergé et aux fidèles de son diocèse par Mgr Rembert Weakland, archevêque de cette ville du Wisconsin.
Le «Milwaukee Journal Sentinel» a publié ces jours-ci une lettre adressée le 6 janvier aux prêtres de Milwaukee par Mgr Weakland, et publiée ensuite dans l’hebdomadaire diocésain «Catholic Herald». L’archevêque y prédit que son successeur «tiendra probablement le milieu de la route» et «restreindra la diversité dans les pratiques liturgiques et pastorales».
Mgr Weakland ignore qui lui succédera, mais il présage que le nouvel archevêque «reflétera un mouvement général dans l’Eglise vers l’uniformité». Ancien abbé primat des bénédictins, Mgr Weakland, 73 ans, est la bête noire des catholiques traditionalistes. Il a régulièrement été dénoncé à Rome, ce qui lui a valu, en 1995, d’être privé d’une partie de ses prérogatives épiscopales.
Installé sur le siège de Milwaukee par Mgr Jean Jadot (Belgique), délégué apostolique aux Etats-Unis de 1973 à 1980, il a été entre autres, au sein de la Conférence épiscopale américaine, président de la Commission des Affaires sociales et économiques, qui publia la fameuse lettre des évêques sur l’économie. Il a également été délégué de l’épiscopat des Etats-Unis au Synode des évêques pour l’Amérique, tenu au Vatican à l’automne 1997.
Une tendance à la standardisation
Mgr Weakland doit en principe se retirer le 2 avril 2002, le jour de ses 75 ans. Sa lettre, explique-t-il, reflète les requêtes de différents groupes de prêtres qui souhaitent une réflexion sur les changements qui devraient intervenir après son départ.
«Si ma génération, la première après le Concile, s’est trompée dans quelques-unes de ses plus radicales mises en oeuvre du Concile Vatican II, elle l’a fait non par zèle ou enthousiasme effréné, mais avec une claire perspective théologique dérivée de ce Concile», écrit-il.
«Je crains que la restauration qui caractérise la deuxième génération de l’après-Concile ne succombe à la rigidité, au formalisme et à une crainte face aux dons des individus, spécialement du laïcat, et n’édifie le renouveau plus sur la réaction que sur les vues théologiques».
L’archevêque, qui compte sur la «troisième génération» pour mener à bien ce renouveau, explique que, quand il est entré en fonction il y a 22 ans, la philosophie qui prévalait favorisait la diversité au niveau paroissial. Il constate aujourd’hui, «tant dans l’archidiocèse que dans l’Eglise universelle», une tendance à la standardisation.
Pas en arrière?
Pour Mgr Weakland, l’introduction du nouveau Code de droit canon, en 1983, a marqué un tournant: Une période d’»expérimentation», aussi minimale a-t-elle pu sembler à quelques-uns, a fait place à une période de pratique plus consistante et uniforme dans les rubriques et les lois, écrit-il. On pourrait dire que ce processus de «nivellement» est venu trop tôt…, mais, ajoute l’évêque, il n’est pas possible de réécrire l’histoire.
Selon Mgr Weakland, il est probable que son successeur n’autorisera pas l’absolution générale et qu’il demandera que la première confession soit remise en vigueur avant la première communion; qu’il encouragera les pratiques de dévotion telles que la bénédiction du Saint Sacrement, la récitation publique du rosaire et le chemin de croix; qu’il réduira le rôle des femmes dans la liturgie – comme faire la lecture, servir à l’autel ou donner la communion -, ainsi que celui des laïcs là où des diacres seront disponibles; qu’il invitera les prêtres à réintégrer les cures plutôt que d’habiter dans des résidences privées. Il est vraisemblable aussi que l’archidiocèse cessera de «nager contre le courant» en renonçant à mettre les futurs prêtres et les ministres laïcs dans les mêmes programmes de formation. (apic/cip/pr)



