Des craintes justifiées du côté orthodoxe

Etats-Unis: Mgr Weakland et la visite du pape en Ukraine

Washington, 1er juin 2001 (APIC) Des craintes justifiées rendent difficile le dialogue entre orthodoxes et catholiques, estime Mgr Rembert Weakland, évêque bénédictin de Milwaukee et coprésident de la commission conjointe des évêques orthodoxes et catholiques des Etats-Unis.

A la veille du voyage de Jean Paul II en Ukraine (23-27 juin), Mgr Weakland, ancien abbé primat des bénédictins, a écrit un article dans l’hebdomadaire catholique anglais «The Tablet», dans lequel il explique les raisons des craintes qui persistent sur la voie du dialogue.

«Les orthodoxes doivent discuter avec plus de clarté leur conception du rôle du patriarche oecuménique de Constantinople, écrit Mgr Weakland. Ils doivent également étudier à fond le problème du philétisme, une doctrine élaborée par l’orthodoxie pour valider la création de nouveaux patriarcats et de nouvelles Eglises autocéphales, affirmant que chaque nationalité devrait être servie par sa propre administration ecclésiastique indépendante. L’occident éprouve une certaine appréhension à l’égard des Eglises nationales après l’expérience désastreuse du gallicanisme, qui ne sera pas surmonté aisément».

L’occident devra lui aussi, estime encore l’évêque bénédictin, repenser sa théologie des Eglises locales et les structures actuelles des Conférences épiscopales et des Synodes des évêques, héritages du Concile. Selon tout le contexte qui comprend les attributions de la primauté et celles des Conciles doit ainsi être examiné comme une alternative à la manière dont le pape assume son rôle.

Australie: Les Eglises demandent au pays de reconnaître ses «générations volées»

Une épine dans l’histoire du pays et de l’Eglise

Sydney, 1er juin 2001 (APIC) Le Conseil national des Eglises d’Australie a appelé le pays à accepter les recommandations du rapport controversé de «Bringing them Home» sur l’enlèvement des enfants autochtones arrachés de force à leurs familles durant six décennies au 20e siècle. Le rapport conclu en effet qu’entre un enfant sur trois et un enfant sur dix ont été arrachés à leurs familles entre 1910 et 1970. Ceci, pour des raisons racistes. Cet épisode constitue une véritable épine dans l’histoire du pays et de l’Eglise locale.

L’enlèvement par les autorités fédérales, avec la coopération des Eglises, de nombreux enfants autochtones – aujourd’hui connus comme les «générations volées» – arrachés à leur famille entre 1910 et 1970 reste l’une des questions les plus sensibles et controversées au sein de la société australienne. Beaucoup de ces enfants ont été placés dans des institutions gérées par les Eglises où ils étaient censés s’adapter à la culture blanche.

Le Conseil national des Eglises représente 13 grandes Eglises – entre autres catholique, anglicane, luthérienne, unie, orthodoxe et l’Armée du salut. Dans une déclaration publiée la semaine dernière, l’instance exécutive du Conseil a recommandé la création d’une commission de réconciliation et d’un fonds national en vue de compenser ou d’aider les victimes de ces enlèvements.

Le Conseil national des Eglises s’est publiquement engagé à mettre l’accent sur la participation des Eglises dans l’histoire de ces enfants enlevés, et à encourager celles-ci à ouvrir leurs archives et à faire face aux accusations d’abus qui auraient été commis dans les institutions qu’elles géraient.

Dans sa déclaration, l’exécutif du Conseil décrit ces enlèvements comme «une tragédie complexe» et ajoute que «la vérité fondamentale des histoires des générations volées, et leur douleur, ne peut pas être niée. En tant que représentants des Eglises, nous appelons nos membres et la nation tout entière à reconnaître la validité du rapport «Bringing them Home» et ses recommandations».

Génocide

Le rapport est l’aboutissement d’une enquête menée par une Commission (gouvernementale) de défense des droits de la personne et de l’égalité des chances pour tous, sur la séparation forcée des enfants aborigènes et insulaires du détroit de Torres et de leurs familles. Le rapport a conclu qu’entre un enfant sur trois et un enfant sur dix avaient été arrachés à leurs familles entre 1910 et 1970. Ceci, perpétré pour des raisons racistes, représentait un génocide, affirme le rapport.

Le rapport recommande au gouvernement fédéral de présenter des excuses aux générations volées au nom de tous les Australiens, et de payer des dédommagements.

Depuis que le rapport a été publié en 1997, il est resté au centre d’un débat éthique, intellectuel et politique en Australie. Le Premier ministre John Howard, conservateur, a refusé à maintes reprises de présenter des excuses en expliquant que les Australiens ne devraient pas être aujourd’hui tenus pour responsables des actions commises par leurs ancêtres.

Deux Aborigènes qui avaient été arrachés à leur famille ont traduit le gouvernement fédéral en justice pour obtenir des compensations. Ils n’ont pas obtenu gain de cause, mais ils ont interjeté appel. (apic/eni/pr)

1 juin 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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