Les prêtres pédophiles ont été mutés

Etats-Unis: Première mesures dans le combat de l’Eglise catholique contre les abus sexuels

Washington, 7 janvier 2004 (Apic) L’Eglise catholique des Etats-Unis a présenté mardi soir son premier rapport sur les mesures adoptées suite aux affaires de pédophilie. Les prêtres concernés ont été mutés dans des postes sans contact direct avec les enfants, a annoncé Mgr Wilton Gregory, président de la Conférence épiscopale.

«Nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir pour muter ceux qui sont accusés de façon crédible», a affirmé Mgr Gregory le 6 janvier lors d’une conférence de presse. «Ainsi, les prêtres et les diacres qui officient sont des hommes intègres», a-t-il ajouté. Le prélat a par contre exprimé son ignorance sur des questions plus précises comme le nombre de prêtres concernés ou le lieu de leur déplacement. Ce qui n’a pas manqué de susciter la déception chez les victimes.

Barbara Blaine, présidente d’une association de victimes de prêtres pédophiles a déclaré dans un entretien à l’AFP qu’il «aurait mieux valu, de loin, créer une banque de données sur les accusés». «L’objectif n’était pas de constituer des dossiers personnels sur les prêtres ou les victimes», s’est défendu l’auteur du rapport, Bill Gavin, un ancien responsable du FBI. «On a déjà dit que nous avons été trop durs en mutant des gens sur des allégations», a renchéri Mgr Gregory. Selon le rapport, 90% des 191 diocèses et éparchies américains visés par l’enquête de la commission respectent totalement ou en grande partie la charte 2002 des évêques pour la protection des enfants et des jeunes, destinée à prévenir tout abus sexuel.

Un faux sentiment de sécurité»

Le directeur national de l’association des victimes (SNAP), David Clohessy, a protesté contre le rapport l’Eglise catholique, qui «donne un faux sentiment de sécurité», relate la presse américaine de mercredi. L’accent y est mis sur «la paperasse, les procédures et des codes de conduite». Aucun prêtre ne renoncera à un abus d’enfant «simplement parce qu’il a lu dans un code de conduite qu’une telle chose ne se fait pas», soutient le directeur de la SNAP, forte de 4’300 membres.

Il est prévu que la Conférence épiscopale sorte un deuxième rapport en février, relatif à l’ampleur du scandale des abus sexuels. Selon les éléments déjà rendus publics, plusieurs évêques se sont retirés en raison d’une mauvaise gestion des affaires de pédophilie et une douzaine de prêtres ont été exclus de leur ministère. (apic/ag/cns/kna/bb)

7 janvier 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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