Des organisations chrétiennes s’y opposent
Etats-Unis: Restrictions imposées par Washington sur les voyageurs séropositifs
Genève, 10 décembre 2007 (Apic) La proposition sur les visas pour les personnes séropositives cherchant à être admises temporairement aux Etats-Unis «consolide un peu plus les pratiques discriminatoires à l’encontre des personnes vivant avec le VIH», a lancé au gouvernement des Etats-Unis l’Alliance oecuménique «agir ensemble» (AOAE).
L’AOAE, dont le siège est à Genève, a fait savoir le 7 décembre qu’elle avait envoyé une lettre au département de la Sécurité intérieure des Etats-Unis, se joignant ainsi à d’autres organisations chrétiennes américaines et internationales pour protester contre les changements proposés concernant la délivrance de visas pour les personnes vivant avec le VIH. L’organisation affirme que les exigences font partie des plus restrictives au monde.
«Nous estimons que la seule pratique juste de la part des Etats-Unis serait l’annulation de la demande de visa spécial pour les personnes vivant avec le VIH, mettant fin aux entretiens importuns et abolissant la pratique qui marque de manière permanente le passeport d’une personne avec un tampon accordant une dérogation d’admission à la lumière de son statut VIH», peut-on lire dans la lettre.
Le gouvernement des Etats-Unis a accueilli les commentaires sur la proposition de modification de la loi jusqu’au 6 décembre. Washington affirme que ces changements permettraient de «rationaliser» le processus mis en place dès le début de l’épidémie de VIH, dans les années 80. Toutefois, les personnes faisant campagne contre la stigmatisation des séropositifs affirment que la nouvelle règle serait plus restrictive que la politique actuelle. Ils remettent en question la pratique même de l’imposition de restrictions pour une maladie qui n’est pas contagieuse et qui ne se transmet pas par hasard.
Discrimination ciblée
«Puisque le VIH n’est pas une maladie très infectieuse et que les personnes vivant avec le VIH ne posent pas une menace sérieuse en voyageant aux Etats-Unis, il ne semble pas y avoir de justification relative à la santé publique pour cette politique», affirme l’organisation humanitaire des Etats-Unis «Church World Service», dans son commentaire sur les modifications proposées. «Cette politique sert plutôt à évincer les hommes, les femmes et les enfants provenant des pays les plus touchés par le VIH (essentiellement des personnes de couleur et de groupes en marge de la société)».
L’Alliance mondiale des YWCA, organisation mondiale fondée par des chrétiennes, souligne que les restrictions limitent la participation, notamment des femmes, aux réunions qui se tiennent aux Etats-Unis, comme la réunion de la Commission de la condition de la femme, organisée par les Nations Unies chaque année, et empêchent les voyageurs séropositifs de transiter par les Etats-Unis.
La Société internationale sur le sida, a déclaré dans un communiqué publié le 4 décembre, que la politique proposée sape la crédibilité des Etats-Unis en tant que «leader mondial du financement» de la lutte contre le VIH et le sida: «Cette politique dit aux personnes vivant avec le VIH dans les pays les plus touchés ’Voilà de l’argent pour vous occuper des séropositifs, maintenant éloignez-vous de nos frontières’».
L’Alliance oecuménique «agir ensemble» est un vaste réseau d’Eglises et d’organisations chrétiennes collaborant pour défendre les intérêts dans les domaines du commerce mondial et du VIH et sida. (apic/eni/pr)



