Les écologistes sollicitent le soutien de l’Eglise catholique

Etats-Unis: Site de déchets nucléaires controversé au Nouveau Mexique

Carlsbad, 30 juillet 1999 (APIC) Quatre mois après les premiers dépôts de déchets nucléaires près de Carlsbad, au Nouveau Mexique, les opposants continuent de lutter pour fermer ce site «pilote» souterrain. Etats-Unis: Site de déchets nucléaires controversé au Nouveau Mexique.

Bien qu’il soit qualifié de «pilote», le site souterrain du «Waste Isolation Pilot Plant» (WIPP) est jugé malsain par ses opposants, qui dénoncent d’ailleurs l’ancienneté de son approbation par le Congrès: il y a vingt ans! Or, ajoutent les militants écologistes, qui peut dire que, d’ici 24.000 ans, le territoire environnant ne sera pas contaminé par le plutonium enfoui dans le WIPP?

On achète la conscience des gens avec de l’argent

Ce genre de questions tourmente le Père Vincent Petersen, curé franciscain de l’église Notre-Dame de Grâce à Artesia. Il s’en est ouvert au journal «National Catholic Reporter» en ces termes: «Au Nouveau Mexique, ce projet rencontre autant d’indifférence que d’enthousiasme. Plus les gens vivent à proximité du site, moins ils font montre de résistance. En un sens, ceux qui se résignent sont aussi les victimes. On leur a promis de l’argent ou des emplois en échange. Et ils se sont laissés acheter.»

Aussi le Père Petersen comprend-il que des militants se soient dégonflés à l’arrivée des premiers camions chargés de déchets nucléaires fin 26 mars. Ce n’est toutefois pas le cas de Pami Singh, militant d’Albuquerque, qui vient de créer sur Internet un site de sensibilisation au problème écologique suscité par le «WIPP».

Des déchets radioactifs 24’000 ans

«L’histoire ne fait que commencer, dit-il. Et nous en avons pour longtemps: 24.000 ans!» Un physicien, Charles Hyder, ancien collaborateur de la NASA, a déjà offert sa collaboration. Il est connu pour plusieurs grèves de la faim, y compris à Washington, pour mettre fin à des désastres causés par la guerre ou par l’utilisation de l’énergie nucléaire.

Le site internet créé contre le WIPP porte d’ailleurs le nom de «Wippfast» et annonce, dès la page d’accueil, le projet résolu de Charles Hyder: «J’ai entamé le 25 mars et au finish une grève de la faim contre le WIPP. Le WIPP doit disparaître ou c’est moi qui serai mort.» La page suivante permet heureusement une pause dans l’opposition: «La grève de la faim a pris fin le 16 juin à 11h30. Le professeur Charles Hyder est en train de récupérer…» Autour du WIPP, une coalition d’opposants est aussi en train de refaire ses forces. Elle compte sur l’appui de l’Eglise catholique. Son nom hispanique n’a pas besoin de traduction: «Coalición binacional contra tiraderos toxicos y radioactivos». (apic/cip/be)

30 juillet 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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