Témoignage d’une religieuse

Etats-Unis: Thérapie pour les victimes de pédophiles dans l’archidiocèse de Los Angeles

Los Angeles, 28 août 2003 (Apic) Depuis avril 2002, Soeur Sheila McNiff dirige le Bureau d’aide aux victimes d’abus sexuels de l’archidiocèse de Los Angeles, aux Etats-Unis. Après plus d’une année passée auprès de victimes, elle a acquis la conviction qu’il est malgré tout possible de retrouver un équilibre après un tel traumatisme.

La religieuse de la Society of the Holy Child Jesus a raconté son expérience dans une interview publiée par «The Tidings», l’hebdomadaire catholique de l’archidiocèse américain. Selon la religieuse, le processus de guérison du traumatisme se divise en plusieurs phases. Tout d’abord, il faut que le patient, en collaboration avec le thérapeute, soit en mesure d’ «expliquer ce qui s’est passé». Ensuite, «il faut aider la victime ou le survivant à comprendre que l’abus n’a pas eu lieu par sa faute».

Lorsque le responsable de l’abus est un prêtre, le thérapeute s’efforce de faire comprendre qu’ «en se comportant de la sorte, il a trahi toute confiance et il a abusé de son pouvoir», puisque «, explique la religieuse. En outre, «le thérapeute s’efforce de développer chez l’individu la capacité d’ «instaurer des relations positives avec les autres», souligne-t- elle.

Une autre phase consiste à «rétablir un rapport de confiance avec Dieu», parce que «l’image de Dieu cause un conflit chez l’individu, et cela dépend de la manière dont il a été traité», remarque Soeur McNiff. Enfin, la dernière phase «consiste à renforcer les capacités nouvellement acquises, dans la vie quotidienne, dans le travail, dans les relations avec les autres, dans le jeu et pendant les moments de prière», souligne la religieuse.

Dans certain cas, le traitement concerne également les familles des victimes: les parents, au cas où il s’agit d’enfants, et les femmes lorsque la victime ne révèle son affaire qu’après le mariage, indique la thérapeute.

A ce sujet, Soeur McNiff souligne qu’ «il existe une idée erronée selon laquelle une personne qui a subi un abus dans son enfance pourrait devenir pédophile à l’âge adulte. Or, ce n’est pas vrai. Il est plutôt vrai que certains, victimes d’un abus, restent psychologiquement bloqués et ne demandent aucune aide. Ils ne parviennent pas à briser le cercle vicieux. C’est une raison de plus qui nous incite à assurer une aide aux victimes». (apic/vid/sh)

28 août 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!