Il a écrit sur les abus sexuels commis par des membres du clergé

Etats-Unis: Un évêque australien interdit de parole dans certains diocèses américains

Washington, 23 mai 2008 (Apic) Très apprécié pour son intégrité et la manière avec laquelle il a géré la réponse de l’Eglise australienne lors de la crise des abus sexuels dans les années 1990, Mgr Geoffrey Robinson est devenu suspect aux yeux de certains de ses confrères dans l’épiscopat tant dans son pays qu’aux Etats-Unis.

Mgr Robinson s’est en effet vu interdire de parole dans certains diocèses américains où il fait une tournée de conférences. Une bonne dizaine d’évêques aux Etats-Unis, ainsi que le cardinal Giovanni Battista Re, au Vatican, lui ont demandé de renoncer à parler dans ces diocèses.

L’évêque auxiliaire émérite de Sydney est l’auteur du livre «Confronting Power and Sex in the Catholic Church: Reclaiming the Spirit of Jesus» (Confronter le pouvoir et le sexe dans l’Eglise catholique: Retrouver l’esprit de Jésus), paru l’année dernière. Il s’est en particulier vu interdire de parole dans l’archidiocèse de Los Angeles, en Californie.

Les évêques australiens parlent d’»erreurs doctrinales»

Le cardinal Roger Mahony a en effet invoqué le code de droit canonique pour interdire à son confrère australien, en tournée de présentation de son livre aux Etats-Unis et au Canada, de venir parler dans son diocèse le 12 juin prochain. Le prélat américain affirme se baser sur les inquiétudes exprimées par la Conférence des évêques australiens à propos d’»erreurs doctrinales» et d’autres déclarations se trouvant dans son livre.

Elles seraient «contraires à l’enseignement de l’Eglise». Le prélat américain se base aussi sur le fait que le cardinal Giovanni Battista Re, préfet de la Congrégation pour les évêques, a également demandé à l’évêque australien de renoncer à sa visite aux Etats-Unis. Quant à Mgr Robinson, il a déclaré qu’il maintenait sa critique des abus sexuels et des abus d’autorité au sein de l’Eglise, mais ne souhaitait pas engager une bataille à ce propos.

Répondant aux évêques australiens, le Père mariste Michael Whelan, directeur de l’Académie St-Thomas d’Aquin à Sydney, a déclaré: «Nous avons le droit de savoir précisément ce qui est mal fondé doctrinalement dans ce qu’a écrit Mgr Robinson, et pourquoi cela serait faux!» Et le Père Whelan, tout en déplorant la façon «vague et imprécise» dont argumentent les évêques australiens, d’affirmer que l’ouvrage en question «est un livre sérieux et il réclame une réponse sérieuse…»

«A-t-on au moins lu mon ouvrage ?»

Evêque à la retraite et ancien chef de la Commission épiscopale australienne d’enquête sur les abus sexuels commis par des membres du clergé, Mgr Geoffrey Robinson a déclaré à l’agence de presse catholique américaine CNS qu’un combat entre lui et les évêques américains «est vraiment quelque chose qui ne m’intéresse pas». Il dit ne pas être sûr qu’au moins un évêque a lu son ouvrage paru en 2007 aux éditions John Garratt Publishing, une importante maison d’édition religieuse australienne. «J’ai écrit ce à quoi je crois», a-t-il lancé.

Réagissant à la prise de position des évêques australiens, qui soulèvent des questions sur des points de doctrine, Mgr Robinson, un spécialiste reconnu en matière de droit canon, déclare qu’»ils font ce qu’ils pensent devoir faire, et je n’ai aucun problème avec ça!» Avant de quitter l’Australie, Mgr Robinson a envoyé une lettre à plusieurs évêques américains leur annonçant ses conférence dans leur diocèse. Sa tournée de présentation de son livre, qui a commencé le 16 mai, et durera jusqu’au 12 juin, comprend des étapes en Pennsylvanie, dans le Maryland, le New Jersey, l’Etat de New York, le Connecticut, le Massachusetts, l’Ontario (Canada), l’Ohio, Washington et la Californie.

Dans la réponse à la lettre de Mgr Robinson, Mgr Tod D. Brown, évêque d’Orange, en Californie, lui a également demandé de renoncer à sa conférence dans son diocèse prévue le 11 juin, car sa visite pourrait être une «source de désunion» et une «cause de confusion parmi les fidèles». L’évêque californien rappelle à son collègue australien qu’il n’a pas sa permission pour parler dans le diocèse d’Orange. (apic/cns/ag/be)

23 mai 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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