International

Etats-Unis: un évêque dénonce la sous-culture homosexuelle dans la hiérarchie de l'Église

«Il est temps d’admettre qu’il y a une sous-culture homosexuelle dans la hiérarchie de l’Église catholique qui fait de grandes dévastations dans la vigne du Seigneur». C’est ce qu’estime Mgr Robert Morlino, évêque de Madison, dans le Winsconsin, en réaction aux affaires d’abus sexuels aux Etats-Unis et ailleurs dans le monde.

Dans une lettre pastorale adressée à ses fidèles le 18 août 2018, l’évêque américain reconnaît d’abord le scandale et la colère justifiée des fidèles envers la hiérarchie de l’Eglise face aux abus sexuels. Envers ceux qui les ont commis et envers ceux qui s’en sont rendu complices en empêchant qu’ils soient révélés.

Homosexualité des prêtres et pédophilie sont liées

Parmi les causes de cette dérive, Mgr Morlino pointe l’existence «d’une sous-culture homosexuelle dans la hiérarchie de l’Église catholique qui fait de grandes dévastations dans la vigne du Seigneur«Pour être clair, dans les situations spécifiques qui nous occupent, nous parlons d’actes sexuels déviants – presque exclusivement homosexuels – commis par des clercs. Nous parlons aussi de propositions homosexuelles et d’abus contre les séminaristes et les jeunes prêtres par des prêtres dotés de pouvoir, des évêques et des cardinaux.»

Pour l’évêque de Madison, «on a fait beaucoup d’efforts pour séparer les actes qui entrent dans la catégorie des actes d’homosexualité, aujourd’hui culturellement acceptables, des actes de pédophilie publiquement déplorables. C’est-à-dire que, jusqu’à récemment encore, les problèmes de l’Église ont été présentés comme des problèmes de pédophilie – et ce, malgré des preuves évidentes du contraire. Il est temps d’être honnête: les problèmes sont à la fois les deux et ils sont plus nombreux. Tomber dans le piège de l’analyse des problèmes selon ce que la société pourrait trouver acceptable ou inacceptable, c’est ignorer le fait que l’Église n’en a jamais jugé acceptable – ni l’abus des enfants, ni l’utilisation de la sexualité en dehors de la relation conjugale, ni le péché de la sodomie, ni l’entrée des clercs dans des relations sexuelles intimes, ni l’abus et la coercition par ceux qui détiennent l’autorité.»

«Alors que de récentes accusations crédibles d’abus sexuels d’enfants par l’archevêque McCarrick ont mis en lumière toute une série de problèmes, on a longtemps ignoré la question de l’abus de son pouvoir au nom de la satisfaction homosexuelle», insiste Mgr Morlino.

Le prélat rappelle ensuite l’enseignement traditionnel de l’Eglise en disant que «l’inclination homosexuelle n’est pas en soi un péché, mais qu’elle est intrinsèquement désordonnée d’une manière qui rend tout homme affligé de façon stable par elle inapte à être prêtre.»

Réactions négatives

Le rapprochement entre homosexualité  et pédophilie effectué par Mgr Morlino n’a pas manqué de suscité de vives réactions. Être homosexuel ne signifie pas de quelqu’un qu’il est un violeur ou un agresseur des enfants. Tirer cette conclusion est dangereux et irresponsable, relève un commentaire du site Patheos.com, spécialisé dans les religions.  Au lieu de blâmer l’Eglise pour le mauvais traitement des allégations d’abus sexuels, l’évêque se contente de rejeter la faute sur les homosexuels dans le clergé, déplore le site. (cath.ch/mp)

Mgr Robert Morlino fait le lien entre l'homosexualité dans le clergé et la pédophilie (capture d'écran youtube)
22 août 2018 | 13:58
par Maurice Page
Partagez!