Les membres de Falung Gong internés dans des asiles

Etats-Unis: Washington dénonce les droits humains en Chine, Pékin contre-attaque

Washington, 27 février 2001 (APIC) Les Etats Unis se sont à nouveau élevés contre la répression politique et religieuse perpétrée en Chine. L’accusation a induit le gouvernement de Pékin à dénoncer les discriminations raciales aux Etats-Unis. Un chercheur anglais démontre pour sa part que les membres de la secte Falung Gong sont internés dans des asiles psychiatriques.

La 25ème édition du rapport sur l’état des droits humains dans 195 pays du monde – élaboré par le département d’Etat américain et présenté le 26 février à Washington – confirme le jugement négatif formulé habituellement sur l’Empire du Milieu.

Le rapport souligne qu’en Chine, le respect pour la liberté religieuse a sérieusement diminué et rappelle notamment les actions de répression menées contre les chrétiens appartenant à l’Eglise souterraine ou clandestine et contre les bouddhiste tibétains, marqués par la récente destruction de nombreux lieux de culte. Le document condamne également la pratique diffusée de la torture et la persécution contre la secte spirituelle Falung Gong, dont les membres risquent la prison, l’internement ou la mort.

Dimanche, au cours d’un séminaire de deux jours tenu à Pékin, le commissaire aux droits de l’Homme des Nations Unies Mary Robinson a durement condamné les «camps de travaux» chinois, où les auteurs de délits mineurs (mais surtout les opposants au régime) sont enfermés et contraints aux travaux forcés sans avoir été cités devant la justice.

Publication d’un contre-rapport sur les Etats-Unis

Le gouvernement de Pékin est passé à la contre-attaque en critiquant vivement le rapport du département d’Etat américain. Lors d’une conférence de presse, le porte-parole du ministère des Affaires Etrangères de Chine a accusé Washington d’évaluer les droits de l’Homme dans les différents pays selon deux standards. L’agence gouvernementale «Nouvelle Chine» a annoncé la publication d’un «contre-rapport» sur les droits de l’Homme aux Etats Unis qui présentera de nombreux cas de discrimination raciale. L’échange d’accusations coïncide avec l’approche d’une éventuelle ratification par le Parlement chinois de la Convention onusienne sur les droits économiques, sociaux et culturels.

Le thème des droits de l’homme a été aussi au centre des récents entretiens Chine/Union Européenne, qui se sont tenus les 23 et 24 février en Suède. Thomas Hammarberg, chef de la délégation européenne, a critiqué Pékin pour le recours fréquent à la peine de mort, pour la persécution des fidèles de Falun Gong et pour l’internement des dissidents dans des camps de rééducation.

Au mois de mars prochain, se tiendra à Genève la Session annuelle de la Commission de l’ONU pour les Droits de l’Homme. La nouvelle Administration américaine du Président Bush a déclaré qu’elle soumettrait une résolution pour souligner l’échec de Pékin dans le domaine du respect des droits de l’homme.

Les membres de Falun Gong internés dans des asiles d’aliénés

Le gouvernement de Pékin a mis en œuvre une stratégie pour réprimer le mouvement bouddhiste Falung Gong: l’internement des fidèles dans des hôpitaux psychiatriques. La dénonciation a été faite par Robin Munro, chercheur anglais du Centre d’Etudes Chinoises à l’Université de Londres, dans un ouvrage intitulé ” La Psychiatrie judiciaire en Chine, et ses abus politiques «. Reprenant un système en vogue dans l’ex Union Soviétique, les autorités cherchent à discréditer le Mouvement, en présentant ses membres comme des déséquilibrés, comme des gens qui ont besoin de soins psychiatriques.

Dans son étude, Robin Munro indique que, depuis le début de la répression contre le Mouvement d’inspiration bouddhiste, au mois de juillet 1999, il y a eu en Chine une augmentation vertigineuse du nombre des internements dans des hôpitaux psychiatriques.

L’auteur a étudié 20 centres pour pathologie criminelle, dirigés par la police chinoise. D’après les observateurs, ces Instituts sont le pire exemple d’abus et de violences commises sur des personnes internées. Des militants pour les droits de l’homme ont demandé à la World Psychological Association de censurer la Chine et de la suspendre comme membre de l’Assemblée générale de l’Association. (apic/mna/fides/bb)

27 février 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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