Les Irakiennes veulent la sécurité, du travail et l’unité nationale

Etats-Unis: «Women for Women International» dénonce la situation des femmes en Irak

Washington, 10 mars 2008 (Apic) Etats-Unis: «Women for Women International» dénonce la situation des femmes en Irak, affirme «Women for Women International», une ONG américaine basée à Washington. De retour d’Irak, son pays d’origine, Zainab Salbi, fondatrice et directrice de cette ONG, a présenté les résultats d’une enquête réalisée auprès de 1’500 femmes vivant en Irak.

Seules 25% d’entre elles sont optimistes quant au futur de leur pays ravagé par les tensions interethniques et la violence quotidienne.

Les femmes irakiennes font face à une grave «crise nationale», montre l’étude de l’ONG américaine. Si à l’époque du régime de Saddam Hussein, elles avaient une relative autonomie, la sécurité et des droits, elles font depuis plusieurs années face à la violence, à un gouvernement controversé et à un manque flagrant d’infrastructures et de services. Du point de vue juridique, le projet de nouvelle Constitution péjore les droits des femmes et de la famille, remplacés par un nouveau système confessionnel. Les deux tiers des femmes interrogées déclarent que la violence qui les vise a augmenté.

Si leur situation varie d’une province à l’autre, les femmes irakiennes font face partout aux mêmes problèmes fondamentaux: 89% d’entre elles sont d’avis que quelqu’un de leur famille sera certainement tué d’ici à l’an prochain, tandis que 88% pensent que la séparation des gens selon leur appartenance ethnique ou religieuse est une mauvaise chose. 70% des femmes interrogées déclarent que leur famille ne peut faire face aux nécessités de la vie quotidienne, et 76% d’entre elles affirment que les filles, dans leur famille, n’ont pas la permission de suivre l’école.

La sécurité avant la liberté

«Cela fait cinq ans qu’a eu lieu l’invasion américaine de l’Irak et les erreurs faites alors continuent de s’accumuler», déplore Zainab Salbi, qui relève que les femmes irakiennes, que l’on devrait davantage écouter, savent exactement ce qu’elles veulent et ce dont elles ont besoin pour prendre soin de leur famille et de leur communauté. «Il est temps d’écouter ce que les femmes ont à dire», estime la militante d’origine irakienne.

Selon l’étude, malgré une certaine amélioration de la sécurité dans quelques quartiers, seules 27% des femmes interrogées se sont montrées optimistes et ont dit que les choses allaient s’améliorer dans une année. Ces statistiques montrent un sérieux contraste par rapport à l’étude menée par «Women for Women International» en 2004, où plus de 90% des femmes interrogées étaient optimistes concernant le futur de leur pays. Une femme interrogées déclare: «Ils nous ont donné la liberté, mais ils nous ont pris la sécurité, mais si j’avais à choisir, je choisirais la sécurité !»

Zainab Salbi souligne que pour avoir la paix en Irak, «la vraie paix», il faudrait, comme le demandent les femmes d’Irak, apporter des solutions aux besoins économiques immédiats et à la sécurité, pour stabiliser le pays. «La vraie paix signifie qu’il y a des écoles pour les enfants, et qu’ils peuvent s’y rendre en toute sécurité. La paix signifie avoir trois repas quotidiens, un travail et un foyer.» L’ONG «Women for Women International» a été fondée en 1993 dans le but d’aider les femmes à surmonter les horreurs des conflits et des guerres civiles, et de reconstruire leur vie et leur famille. Depuis 2003, ses programmes à destination de l’Irak ont permis de venir en aide à plus de 4’000 femmes. (apic/wfwi/be)

10 mars 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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