Ethiopie/Erythrée: L’accord est respecté, même si le feu couve sous la cendre
«La volonté de paix existe des deux côtés»
Addis-Abeba, 16 janvier 2001 (APIC). «Les gouvernements d’Ethiopie et d’Erythrée ont fait des pas importants en avant sur la voie de la réconciliation, il reste encore de nombreux problèmes à résoudre» a déclaré Mgr Silvano Tomasi, nonce apostolique en Ethiopie et Erythrée lors d’un entretien avec l’agence Fides le 16 janvier. La guerre de milice continue tout de même dans certaines régions de la corne fragmentée.
Pour Mgr Silvano Tomasi, tout se passe selon les accords signés par les deux parties le 12 décembre dernier, suite au cessez-le-feu conclu le 18 juin 2000 à Alger. Depuis le 11 février, le retrait de 600 soldats éthiopiens a commencé à Senafe, près de Zalambessa, à la frontière avec l’Erythrée, et les forces armées érythréennes ont commencé à se réorganiser. «Cela veut dire que la volonté de rechercher la paix existe des deux côtés», fait remarquer Mgr Tomasi. L’armée éthiopienne a deux semaines pour compléter son retrait, jusqu’aux positions reprises avec l’offensive de 1999, en créant une «bande de sécurité» le long de la frontière. Pour sa part, l’ONU a terminé le déploiement de 4’200 casques bleus, et envoyé 220 observateurs. Le pas suivant pour les gouvernements d’Ethiopie et d’Erythrée est d’assurer la stabilité politique, nécessaire à la relance économique et au développement.
Les souffrances des réfugiés
La situation des réfugiés reste toutefois très difficile. Mgr Tomasi a récemment visité le camp de Deda en Erythrée, où 5’000 personnes sont privés de médicaments, affamés et presque sans eau. 200’000 autres sont hébergées dans différents camps en Erythrée, et reçoivent des aides de la communauté internationale, de Caritas et de l’Eglise. «Le problème principal en ce moment est de faire retourner tous ces gens dans leurs villages en Ethiopie. Ils n’ont plus rien et il faut un effort unitaire pour leur donner les ressources nécessaires afin qu’ils puissent reprendre la vie qu’ils avaient auparavant», explique le nonce.
Un autre grave problème vient des mines antipersonnel sur le territoire des deux pays. Les opérations de déminage, prévues par les Accords d’Alger, ont déjà commencé, et ont été facilitées par l’échange des cartes indiquant leur position. Cependant, les risques sont toujours très grands pour la population.
La guerre des milices continue
Mais, les tensions persistent toujours, et notamment dans les régions frontalières entre l’Ethiopie, le Kenya et la Somalie. Une délégation officielle éthiopienne a rencontré le 14 février les autorités du Kenya, pour discuter le problème de l’insécurité qui règne depuis des années entre les deux pays. Au mois de janvier dernier, dans le district de Moyale, proche de la frontière, 8 policiers et 2 civils kenyans ont été tués dans une embuscade tendue par des Ethiopiens contre les représentants du gouvernement du Kenya.
Sur le front somalien, les choses sont loin d’être calmes. D’après des nouvelles rapportées par le «Indian Ocean Newsletter», une Agence spécialisée sur les problèmes de l’Afrique de l’Est, le Front Démocratique Révolutionnaire du Peuple Ethiopien (EPRDF) au pouvoir à Addis-Abeba se prépare à miner la stabilité de la Somalie et a interrompu ses rapports avec le régime du président somalien, Salad Hassan, considéré comme incapable de freiner les groupes fondamentalistes islamiques somaliens qui menacent le sud du pays. (apic/fides/om)



