Et de libérer les prisonniers politiques

Ethiopie: Le COE demande au gouvernement de cesser ses actions militaires

Genève, 9 novembre 2005 (Apic) Le secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises (COE), le pasteur Samuel Kobia, demande au gouvernement éthiopien de cesser «immédiatement» l’action militaire contre la population et de libérer les prisonniers politiques.

Dans une lettre diffusée le 7 novembre et adressée au Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi, le pasteur Kobia déplore la «mort de nombreux Ethiopiens à la suite des manifestations et des émeutes à Addis-Abeba. Des affrontements ont éclaté au début du mois de novembre après la contestation par les partis politiques d’opposition des résultats des élections générales de mai.

Le pasteur Kobia craint qu’»un renforcement de l’action militaire contre la population n’entraîne une escalade de la violence et une détérioration du climat politique, et diminuera les possibilités de dialogue.

Des responsables de l’Eglise orthodoxe éthiopienne, du Conseil suprême des affaires islamiques, de l’Eglise catholique romaine et de l’Eglise évangélique ont lancé le 6 novembre un appel au calme. Environ 50% des 73 millions d’habitants sont musulmans, et 40% sont des chrétiens orthodoxes. (apic(eni/pr)

Apic interview

Rome: Le souhait du président de la Fédération luthérienne mondiale

Catholiques et luthériens ensemble sur le 500e de la Réforme

Propos recueillis à Rome par Ariane Rollier

Rome, 9 novembre 2005 (Apic) La Commission luthérienne-catholique internationale sur l’Unité publiera son document sur l’apostolicité de l’Eglise courant 2006. Elle devrait se pencher sur le thème du 500e anniversaire de la Réforme, comme l’a affirmé à I.Media, l’agence partenaire de l’Apic à Rome, l’évêque luthérien Mark Hanson.

Ce dernier, président américain de la Fédération luthérienne mondiale, a rencontré Benoît XVI le 7 novembre 2005 au Vatican, puis le cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, dans la soirée du lendemain. Interview.

Q.: Quand le document sur l’apostolicité de l’Eglise commun aux catholiques et protestants devrait-il être publié ? Quel en est l’esprit ?

Mark Hanson: Les membres de la Commission luthérienne-catholique-romaine internationale sur l’Unité sont en train d’achever leur travail sur l’apostolicité de l’Eglise. Ils le rendront publique courant 2006. Ils n’ont pas encore défini de date précise, parce qu’ils doivent encore finaliser le document. Dans tout ce dialogue, nous essayons de découvrir ce sur quoi nous sommes d’accord, et ce sur quoi nous sommes encore en désaccord. Mais nous devons attendre pour en parler, comme le veut le protocole.

Q.: Quel sera le prochain thème sur lequel réfléchira cette Commission mixte ?

Mark Hanson: Avec le Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, nous avons discuté ces derniers jours des prochains sujets que nous pourrions aborder ensemble. Nous avons réfléchi à 2017, qui sera le 500e anniversaire de la Réforme luthérienne, et à la façon dont on peut commencer à s’y préparer, de manière à respecter ce qu’était la Réforme, mais aussi là où nous en sommes aujourd’hui. Nous voulons également construire sur ce dont le pape Benoît XVI et moi avons parlé le 7 novembre, c’est-à-dire sur la centralité de la parole de Dieu, à la fois dans l’Eglise et dans le monde.

Q.: Benoît XVI, en vous rencontrant, a évoqué les différences demeurant entre catholiques et luthériens au sujet de la justification. A quoi faisait-il référence ?

Mark Hanson: Il y a un concept appelé «consensus différencie», très utile au niveau oecuménique, signifiant que cette question ne doit plus diviser l’Eglise, même si nous n’avons pas un plein accord dessus. C’est une façon de dire que nous sommes désormais suffisamment d’accord sur ce qu’est la Justification et sur sa centralité dans l’Evangile pour qu’elle ne nous divise plus. Mais nous discutons encore et nous allons continuer de réfléchir à la façon dont nous comprenons la relation de la grâce et du péché ainsi que de la grâce et de la nature humaine. Mais ce qui me semble le plus important est de réfléchir sur comment le concept de justification s’applique au croyant individuel aujourd’hui. Est-il au moins central dans la vie de nos contemporains ?

Q.: Avez-vous déjà abordé ces questions avec les catholiques ?

Mark Hanson: L’une des choses dont le cardinal Kasper et moi avons parlé est de la façon de rendre la Déclaration conjointe sur la justification (document signé à Augsbourg le 31 octobre 1999, ndlr) plus vivante aujourd’hui. Nous nous sommes demandés si nous pourrions par exemple développer des catéchèses autour de ce document qui pourrait devenir un instrument d’enseignement ?

Q.: Benoît XVI a aussi espéré que les avancées dans le dialogue entre luthériens et catholiques ne se fasse pas seulement dans le cadre institutionnel. Il a parlé de témoignage.

Mark Hanson: Quand j’entends le mot «témoigner», je pense à la manière dont nous montrons ce que nous croyons que Dieu fait dans le monde; être témoin signifie dire la vérité de ce que l’on voit et de ce que l’on comprend. Je crois que ce que le pape et moi disions est que nous ne pouvons pas être trop tournés sur nous-mêmes avec nos questions institutionnelles. Nous devons regarder vers le monde et nous poser la question de ce que Dieu y fait.

Q.: Vous avez parlé avec le pape des questions sociales et humaines auxquelles les chrétiens doivent s’atteler ensemble. Benoît XVI a aussi évoqué certaines différences de point de vue éthique, nées d’une nouvelle approche herméneutique.

Mark Hanson: Nous parlions de façon juste, mais différemment. Le pape faisait référence aux questions de morale personnelle comme la sexualité humaine, l’homosexualité, l’avortement, les décisions de fin de vie. Je faisais référence à ce que je pense être les crises de l’humanité qui demandent une réponse chrétienne. Elles sont tellement inévitables aujourd’hui qu’elles ne peuvent pas attendre des accords théologiques. Je pense à trois questions : la prévalence de la faim dans le monde, la croissance de la disparité entre richesse et pauvreté ainsi que la création consommée et détruite par l’humanité.

Q.: Dans les façons dont les chrétiens doivent apporter leur soutien aux populations dans le besoin, se présentent aussi des questions éthiques sur lesquelles les positions peuvent diverger. Comment faire alors ?

Mark Hanson: Bien sûr. Je crois que nous devons être honnêtes sur la partie de nos réponses sur lesquelles nous ne sommes pas d’accord, le cas de la contraception et de la croissance des populations en est un exemple, l’utilisation de préservatifs dans le contexte de la pandémie du Sida, en est un autre. Je pense que nous devons avoir des échanges vivants et stimulants. Mais en même temps, je ne crois pas qu’à cause de nos différences, nous ne puissions trouver de terrain commun pour répondre aux problèmes du sida, de la faim ou de la pauvreté. (apic/imedia/ar/pr)

9 novembre 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!